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15 Nov 2017 | Profession
 

Le sujet tabac ne cesse de passionner les médias. Avec la première hausse des prix de lundi dernier, les journalistes en régions se sont tournés vers les buralistes (voir Lmdt des 13 et 14 novembre) 

•• Pleine page et appel en une dans Le Midi Libre« la hausse du prix du tabac fait tousser ». Gérard Vidal (président de la Fédération des buralistes d’Occitanie) : « à chaque hausse, l’écart se creuse un peu plus avec les pays voisins … Il faut que le buraliste bénéficie d’une augmentation de sa part sur le prix du paquet. »

« Oh moi, les augmentations ça ne me fait pas grand-chose, les clopes je les achète en Espagne » répond un client occasionnel d’un débit de tabac de Montpellier qui a eu, tout de même, un pic de fréquentation de plus 15 à 20 % la veille de l’augmentation.

Et puis, à Montpellier, il y a les revendeurs à la sauvette du cours Gambetta qui interpellent le passant au cri de « Pilip, pilip, pilip ». « Je vends le paquet 5 euros et j’en vends à peine une cartouche par jour, je gagne un euro par paquet, de quoi m’acheter un sandwich ». Dans la rue Daru adjacente, ses collègues interpellent tous les automobilistes coincés dans les embouteillages. Même un haut serviteur de l’État et son chauffeur s’en sont fait proposer récemment.

Et, puis il y aussi les épiceries qui vendent à l’unité.

Le revendeur montpelliérain assure qu’il n’a jamais mis les pieds en Andorre. Il achète 40 euros la cartouche à un grossiste qui l’a payé 35 euros de l’autre côté de la frontière. Il s’est fait attraper une fois par la police qui a pris argent et cigarettes, mais il a échappé à l’amende.

•• « Je le redis : il y a un énorme trafic au pied du Palais de Justice de Saint-Étienne » rappelle Gilles Grangier (président de la chambre syndicale des buralistes de la Loire) dans Le Progrès. « Tous le disent. Ils ont déjà tous de copains qui leur rapportent des cigarettes de l’étranger ; qu’ils en achèteront sur Internet, ce qui est totalement interdit, ou dans des associations de quartier ayant pignon sur rue qui vendent du tabac en parfaite illégalité … J’aimerais que l’État prenne, une bonne fois pour toutes, ses responsabilités en créant un cadre légal très répressif qui imposerait à ces associations, à ces épiceries de quartier qui vendent des cigarettes, d’avoir une fermeture administrative immédiate. »

•• Côté Pyrénées-Atlantiques, il n’y a pas eu de rush dans les ventas de Dantcharia le week-end dernier. « C’est plutôt au printemps, en mars, avec l’augmentation d’un euro que nous risquons d’avoir plus de monde, surtout si ça tombe pendant les vacances scolaires. » confie un gérant à France Bleu Pays Basque.

Le seul buraliste de Cambo (deux viennent de fermer) demande « un vrai plan de sauvegarde avec l’État avec une hausse de la rémunération qui compensera la baisse des volumes et pourquoi pas des aides à l’embauche. 

Pour Philippe Coy, « la prévention passe par cette réduction du marché parallèle qui est un fléau pour les buralistes comme pour les politiques de santé publique. »

Les douaniers du département ne sont pas optimistes sur le renforcement des hommes et des moyens. Depuis trois ans déjà, ils ont accentué la traque des transports illégaux de cigarettes au détriment d’autres contrôles.

•• Dans Le Courrier Picard, une buraliste de La Capelle (Aisne) : « Il y a le prix du paquet mais aussi sa couleur. Depuis le paquet neutre, j’ai bien perdu 30 % de ma clientèle sur le tabac. Régulièrement, les gens me disent : je ne prends qu’un seul paquet, c’est juste que je n’ai pas eu le temps de faire le plein en Belgique. »

Autre conséquence soulignée par Jacques Héry, président de la chambre syndicale des buralistes du département : « depuis août, nous en sommes à dix cambriolages touchant des débitants de tabac. C’est lié au fait que le tabac est un produit recherché, qui commence à valoir cher et qui n’est pas autant pénalisé que le sont les produits stupéfiants. »

•• « Il y a 1 euro de différence avec l’Allemagne, soit 10 euros de moins sur une cartouche. Et la frontière n’est pas très éloignée … », souligne, sur France Bleu Lorraine Nord, Éric Schneider, buraliste à Bitche (Moselle).

La diversification, il connaît : presse, jeux de hasard, banque, retraits de colis, voire épicerie de secours. Mais le buraliste attend des mesures fortes de la part d’Emmanuel Macron. S’il ne croit guère à une politique européenne commune pour réduire les écarts de prix entre les pays, il attend surtout une accentuation de la lutte contre le marché parallèle.

•• Une centaine de buralistes remontés à l’assemblée générale de la chambre syndicale des buralistes des Côtes-d’Armor, ce lundi 13 novembre, selon Ouest France. « Si les Côtes-d’Armor ne pâtissent pas de la proximité d’une frontière, il y a aussi la vente par internet et l’approvisionnement lors de déplacements à l’étranger. » a rappelé Odile Le Ny, sa présidente.

•• À Coulommiers (Seine-et-Marne), Lionel : « l’État justifie les hausses en prétextant un enjeu de santé publique. Sauf que les commerces comme les nôtres en pâtissent. Aujourd’hui, j’ai encore des clients, mais on prévoit six hausses successives dans les prochaines années … Qui voudra de mon affaire quand je partirai en retraite ? Oui, je suis inquiet ! Et contrairement aux taxis par exemple, les buralistes n’ont pas beaucoup de poids. »

Une collègue : « Lors de l’arrivée du paquet neutre, nos ventes ont fléchi, ça a duré deux mois avant de se stabiliser. On perd des clients. Ici, on a de la chance, mais il faut comprendre que pour les buralistes frontaliers, la situation est catastrophique. »