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31 Déc 2018 | Profession
 

À l’occasion de certains changements de prix ce 1er janvier (voir Lmdt de ce jour), Le Figaro apporte son analyse, sous la plume d’Ivan Letessier. Nous le reproduisons.

« Le paquet de Marlboro coûtera 8,20 euros au 1er janvier 2019. Le gouvernement souhaite porter le prix du paquet de cigarettes à 10 euros fin 2020.

•• « C’est une bouffée d’air frais que les cigarettiers attendaient depuis un an. Mardi 1er janvier, Marlboro augmente le prix de son paquet de 20 centimes, à 8,20 euros. En mars, lors du premier choc fiscal imposé par le gouvernement (qui souhaite porter progressivement à 10 euros le prix du paquet de cigarettes d’ici à fin 2020), Philip Morris International (PMI), leader du marché en France avec 44 % des ventes, avait absorbé une partie de la hausse de taxes.

« Au lieu d’augmenter de 1,10 euro sa marque phare, ce qu’il aurait dû faire pour répercuter l’intégralité de la hausse, PMI avait limité l’inflation à 70 centimes. Avec un paquet à 8 euros, Marlboro bénéficiait de l’avantage d’un prix rond, qui lui a fait gagner quelques points de part de marché.

•• « Revers de la médaille, PMI a rogné sa marge, obligeant ses rivaux à faire de même. Afin de garder un avantage tarifaire par rapport à la marque leader, les concurrents de PMI ont, eux aussi, limité leurs hausses de prix. Ces stratégies tarifaires ont réduit de plusieurs centaines de millions d’euros les profits des industriels du tabac en 2018. Un comble, car le choc fiscal a dopé les revenus liés aux ventes de tabac à la fois pour les buralistes et pour l’État : si les prix ont augmenté de 15 % depuis mars, les ventes de cigarettes n’ont en effet reculé que de 10 % en volumes.

•• « Le deuxième choc fiscal aura lieu en mars, et le troisième en septembre, avec chaque fois un impact théorique de 50 centimes. Si Marlboro a augmenté son prix dès le 1er janvier, c’est qu’à cette date la rémunération des industriels sur chaque paquet baisse de 11 centimes, au profit de celle des buralistes. Par une hausse de 20 centimes, PMI regonfle ses marges, quitte à perdre des parts de marché au profit de ses rivaux : ces derniers n’avaient en effet pas anticipé la hausse de Marlboro et bénéficient d’un avantage prix plus important. Mais leur priorité, dans deux mois, sera de rattraper les profits perdus depuis un an. Il y a fort à parier que les hausses de prix, possibles tous les deux mois, vont se multiplier. »