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11 Mar 2020 | Profession
 

« Les gens sont blasés. Sur l’autoroute, ils n’hésitent pas à acheter leur paquet 13,95 euros » déclare sans ambages Matthieu Meunier (président des buralistes d’Indre-et-Loire) dans La Nouvelle République, plus d’une semaine après l’augmentation du 1er mars (voir 28 et 29 février).

D’où la conclusion que cette énième augmentation n’aura que peu d’incidence sur la consommation des clients.

•• « Au vu des 50 centimes d’augmentation, ils (Philip Morris, ndlr) auraient pu contenir le prix à 9,80 mais pour eux, les cigarettes, c’est déjà presque de l’histoire ancienne ou, à tout le moins, ils ne les considèrent plus comme leur principale source de revenus sur le long terme, dans la mesure où ils misent beaucoup sur le tabac à chauffer, neutre en goudron et en carbone » ajoute Matthieu Meunier.

Le buraliste de Sainte-Catherine-de-Fierbois n’en réclame pas moins une pause fiscale, mais sans grand espoir, car « le nouveau ministre de la Santé est tout aussi « hygiéniste » que l’était Marisol Touraine en son temps ».

•• Pour pallier les conséquences économiques du déclin annoncé de la vente de tabac, le président met en avant la mise en place du Point « Paiement de Proximité », « pour retrouver le rôle qui était le nôtre autrefois, c’est-à-dire celui de collecteur de taxes » (voir 6 mars, 27 et 22 février).

«  On teste la formule sur onze départements dont, en région Centre-Val de Loire, celui de l’Eure-et-Loir, avant de la généraliser à l’ensemble du pays le 1 juillet 2020 (…) L’important, c’est de faire en sorte que les gens retrouvent le chemin de nos commerces, que ce soit pour acheter du tabac ou autre chose ».

•• Frédéric Fonteneau, buraliste à Tours partage l’analyse de Matthieu Meunier : « en février, j’avais fait à peu près le même chiffre d’affaires que l’an dernier à pareille date. Si on considère que les prix avaient déjà augmenté, on peut en conclure que j’ai dû vendre un peu moins, mais ce n’est pas flagrant. »

Même s’il pense que, dans son quartier – Maryse-Bastié qui n’est pas un des plus opulents la ville – dix euros le paquet, « ça va quand même faire mal ».

Il considère que les nouvelles prestations de Point « Paiement de Proximité » constitueront un plus « pour une population qui paie beaucoup en liquide et qui n’a pas forcément de facilités pour se déplacer jusqu’à un centre de finances publiques ».

Ce qui pèse sur son bilan actuellement ce sont les charges (Urssaf) et les délais de remboursement tant en ce qui concerne La Française des Jeux (gains des joueurs) que la presse (invendus). « Ça pose des problèmes de trésorerie ; pas dans les gros points de vente mais dans les petits commerces de quartier, et encore plus en zone rurale ».