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9 Mar 2020 | Profession
 

Une semaine après la dernière augmentation des prix qui a vu passer certaines marques à 10 euros (voir 28 février), La Dépêche du Midi est allée à la rencontre des fumeurs toulousains pour savoir si cette nouvelle hausse allait influencer leur consommation.

•• Installé à une terrasse de la place Saint-Sernin, Mathieu, 37 ans, allume une mentholée. Il fume depuis 12 ans.

Les augmentations successives du prix du tabac n’ont eu aucune influence sur sa consommation « mais la Commission européenne a décidé d’interdire la vente de cigarette mentholée à partir du mois de mai, donc je verrais si j’en profite pour arrêter ou pas ».

« Ce n’est pas que je n’ai pas envie d’arrêter mais c’est difficile de combattre cette addiction. Il y a deux ans, j’avais vu une tabacologue, mais je n’étais pas assez motivé pour arrêter » poursuit le fumeur. Aujourd’hui, un paquet lui revient « à 10,40 euros et j’en fume plus d’un par jour ». Un véritable budget même s’il ne regarde pas trop ses comptes.

•• Alix, étudiante, a acheté un paquet ce matin : « je l’ai payé 9,45 euros et ça m’a saoulée. Mais je peux rester des mois sans fumer. C’est juste que j’aime bien ». Elle se fournit toujours chez son buraliste : « je sais qu’on en vend à Arnaud-Bernard à prix cassés, mais ça craint. Elles sont trafiquées. Je préfère payer le prix fort ».

•• Deux jeunes hommes de 20 ans prennent un café sous les arcades de la place du Capitole. Sur la table, traîne un paquet : « on me l’a ramené d’Espagne où il est à moitié prix » explique l’un.

« Ce ne sont pas des hausses de 50 centimes du prix qui vont inciter à arrêter » ajoute l’autre. Même discours pour une serveuse dans un café voisin : « même à 50 euros le paquet, je continuerais à acheter des cigarettes. Ce n’est pas le prix qui va me faire arrêter de fumer. Pour ça, il faut de la volonté ».

•• Une commerçante de 63 ans qui fait une pause tabac devant sa boutique : « un paquet par jour, c’est mon seul plaisir, je sais que ce n‘est pas bon pour la santé, mais c’est ma vie. Je respecte ceux qui ne fument pas, je veux qu’on me respecte aussi (…) Aujourd’hui, quand on allume une cigarette, on vous regarde de travers parce que ce n’est pas politiquement correct ».

À 10 euros le paquet, elle se fournit par « des réseaux parallèles où je les ai à moitié prix, car je n’ai pas envie de filer du pognon à l’État. Ces augmentations apportent de l’eau au moulin des trafiquants, qui en font un métier. Heureusement qu’ils sont là, sinon comment ferait-on ? ».