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3 Mar 2020 | Profession
 

La hausse du prix des cigarettes est-elle dissuasive ? Pas sûre à la lecture des médias qui depuis deux jours (voir aussi 2 mars) couvrent l’augmentation en vigueur depuis ce 1er mars. Sur fond de réactions contrastées de buralistes. 

•• TF1 (JT de 13 heures, 2 mars). Reportage à Dijon devant un buraliste.

Une fumeuse : « de toute façon, on n’a pas le choix. On nous taxe sur tout ». Un fumeur : « ce qui me dérange c’est pas tellement les hausses, c’est de savoir ce qu’on en fait derrière. Il y a un vrai manque de transparence et de visibilité ». Une femme plus âgée : « je réfléchis à chaque hausse et à chaque fois je ne fais rien … peut-être avec ces 10 euros … »

•• France 3 Midi-Pyrénées

« Je ne me sens pas du tout concerné, en fait. Je vais en Espagne pour acheter mon tabac à rouler. Ça divise le prix par trois » assure un fumeur assis à une terrasse.

Gérard Vidal (président de la fédération d’Occitanie des buralistes et vice-président de la Confédération) réagit dans la foulée : « aujourd’hui, les gens n’arrêtent pas de fumer … Il y a aussi la contrebande, le marché parallèle explose aujourd’hui. Si on continue à augmenter les prix – c’est la facilité pour le Gouvernement – que va-t-il se passer ? À chaque feu rouge, à chaque coin de rue, il y aura des revendeurs à la sauvette ».

•• France Bleu Pays d’Auvergne

Commentaire : 10 euros c’est un seuil symbolique mais la hausse elle-même se situe entre 50 centimes et 1 euro, pas de quoi faire arrêter certains. « Si la hausse était de 2 ou 3 euros d’un seul coup, là ça impacterait mon pouvoir d’achat quotidien » estime un fumeur.

Pour un buraliste de Clermont-Ferrand : « ils vont de l’autre côté de la frontière ou se tournent vers les magouilles. Je ne pense pas que la consommation baisse effectivement ».

•• France Bleu Poitou

Une jeune fumeuse déclare préférer se priver de sorties ou de courses plutôt qu’arrêter.

Un buraliste estime que « si les fumeurs ne passent pas par le réseau, c’est la contrebande ». Un fumeur confirme : « dès que des amis ou de la famille partent à l’étranger, on les pousse à ramener des cartouches ».

•• Sud-Ouest

 

La hausse fait la une du quotidien de ce 2 mars : « À 10 euros, le paquet flambe ». Avec une interview de Philippe Coy.

• Que vous inspire le passage du prix du paquet à 10 euros ?

Philippe Coy : « Nous sommes totalement en faveur de la politique de santé publique, mais nous sommes contre l’injustice fiscale et je rappelle que nous avons la plus grosse pression fiscale, d’Europe … depuis que le Royaume-Uni n’en est plus. Aussi, je pense qu’il faut mettre les hausses de prix sur pause et geler la fiscalité tabac, car pour vivre d’autre chose que des cigarettes nous, buralistes, devons mener à bien, le plus sereinement possible, notre plan de Transformation (…)

• Comment se porte économiquement le secteur?

Philippe Coy :  « Visiblement nous enrayons le phénomène de fermetures. En deux ans, nous en avons enregistré 600, c’était le chiffre des fermetures annuelles avant 2018.

« Le plan de Transformation permet d’aider les buralistes à faire évoluer leurs points de vente vers les standards qu’on attend de nous : un meilleur accueil, plus de services en général , des services bancaires, la vente de billets SNCF, le paiement de proximité (…) Si l’avenir de la cigarette s’assombrit, nos commerces restent attractifs tout en s’émancipant petit à petit d’un tabac qui représente encore 65 à 80 % de l’activité ».