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20 Fév 2018 | Profession
 

Dans son édition du week-end, Ouest-France a consacré une pleine page au projet de privatisation de la Française des Jeux (voir Lmdt des 26, 20 et 2 janvier), en mettant surtout en valeur des inquiétudes quant aux conséquences de ce projet.

•• Emmanuelle Auriol – professeure d’économie à la Toulouse School of Economics – déplore une opération guidée par « le court terme » et le « besoin de cash ».

En réalité, l’État ne perdrait pas beaucoup d’argent dans l’opération. La taxation des mises – 3,12 milliards d’euros en 2016 – constitue les principales recettes publiques des activités de la FD et elle ne disparaîtrait pas en cas de privatisation.

Mais Emmanuelle Auriol précise : « les rentes n’iraient plus dans la poche du contribuable. » Plutôt que d’abonder le budget de l’État, elles iraient à des investisseurs privés et ils pourraient être nombreux à s’y intéresser, notamment les sites de paris en ligne comme Betclic.

•• « La question est de savoir si nous voulons développer économiquement ce secteur ou si nous sommes là pour garantir une offre de jeu légale et maîtriser les addictions ? », résume Olga Givernet – corapporteure d’un rapport de suivi parlementaire sur la régulation des jeux d’argent – la députée LREM (Ain) souhaite que les règles qui encadrent l’activité de la FDJ restent inchangées en cas de privatisation.

•• Enfin, un buraliste d’Ille-et-Vilaine s’inquiète de ce qu’il restera de la FDJ dans les tabacs et les cafés. « D’une part, on n’est plus que des marchands de papiers », affirme-t-il.

« D’autre part, on nous dit qu’avec la hausse du prix du tabac, il faut nous diversifier mais … ». Ce « mais », c’est la peur que d’autres commerces – boulangers et fleuristes en tête – puissent un jour vendre des jeux à gratter.

Et puis, il y a aussi la numérisation des activités de la Française des Jeux. Applications, jeux sur Internet … surtout pour les paris sportifs. « On joue différemment. Ça s’individualise », déplore le gérant.