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1 Juin 2018 | Vapotage
 

« Encourager les fumeurs à arrêter c’est bien, leur donner tous les moyens de réussir, c’est mieux ». Telle est la conclusion du communiqué diffusé par un collectif de fédérations de la vape à l’attention de la ministre Agnès Buzyn et de Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé que nous avons publié hier (voir Lmdt du 31 mai).

De fait, le contact entre les représentants de la « vape » et le ministère de la Santé semble rompu, selon Paris Match .fr

•• Le départ du professeur Benoît Vallet, ancien Directeur général de la Santé, a entrainé l’arrêt des réunions du groupe de travail « vapotage », créé de sa propre initiative en 2016. « Le décret sur le vapotage dans les lieux publics est le fruit du travail de ce groupe. La création du groupe Facebook « vapoteurs » lors du dernier « Mois sans tabac » est aussi une résultante de ces réunions », explique Sébastien Béziau, vice-président de l’association Sovape (voir Lmdt du 23 février).

Depuis, silence radio du côté du ministère. « Nous n’avons plus de contact avec la Direction générale de la Santé. Nous n’avons jamais eu de réponse aux différents courriers adressés à la ministre Agnès Buzyn depuis sa prise de fonction. Ce qui nous énerve par-dessus tout, c’est que depuis son arrivée au Gouvernement, elle a reçu trois fois les buralistes. »

•• Ce sont les propos de la ministre de la Santé lors de la conférence de presse de lundi qui ont déclenché la rédaction du communiqué commun de ces associations (voir Lmdt du 28 mai).

Interrogée sur la cigarette électronique, sa réponse a fait l’effet d’une porte qui se ferme : « Un dispositif comme la cigarette électronique, qui n’induit pas forcément un arrêt complet du tabac, ne joue pas le rôle que l’on souhaite. Parce que nous souhaitons (…) faire en sorte que les gens ne fument plus du tout ».

Alors que l’étude de Santé publique France révèle que la cigarette électronique a été l’outil le plus utilisé dans les tentatives d’arrêt, assez loin devant les substituts nicotiniques (26,9 % contre 18,3 %). En outre, il ressort de ces données de santé publique que plus de la moitié des Français qui ont tenté d’arrêter de fumer n’ont eu recours à aucune aide, abaissant ainsi considérablement leurs chances de succès (entre 3 et 5 % de réussite).

•• Contrairement à la Ministre, les défenseurs de la « vape » considèrent la cigarette électronique comme un levier majeur dans la lutte anti-tabac. « Santé Publique France dit que le vapotage est le moyen le plus populaire en France pour arrêter de fumer. Notre retour d’expérience au niveau du Mois sans tabac montre qu’il est très efficace pour sortir de l’enfer du tabagisme », explique Sébastien Béziau, qui a été chargé de prendre la responsabilité du groupe Facebook « vapoteurs », créé par Santé publique France, pendant le « Mois sans tabac » 2017.

« La question récurrente chez les participants était de savoir si le vapotage est dangereux. C’est dû au climat anxiogène sur le sujet. Quand un outil est interdit de publicité et de propagande, qu’il souffre régulièrement de buzz négatifs dans les médias, les gens ont peur. Le jour où nos autorités de santé auront, comme en Angleterre, une communication claire et incitative sur le vapotage, la baisse du tabagisme sera massive en France ! »

•• À travers leur communiqué, les associations attirent aujourd’hui l’attention du ministère de la Santé sur un rapport qui vient d’être publié par Sovape sur les vapoteurs du « Mois sans tabac » 2017 : 48 % d’entre eux avaient décroché du tabac à un mois (à la fin de l’événement médiatique), et 38 % à cinq mois. « Soit dix fois plus de chance d’arrêter de fumer que sans rien ».