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14 Déc 2018 | Profession
 

La mobilisation des « Gilets Jaunes » a des impacts dans tous les secteurs de l’économie, y compris celui des paris. C’est ce qu’a expliqué Cyril Linette, patron du PMU, qui était l’invité de l’interview économique d’Emmanuel Duteil d’Europe 1, ce 12 décembre.

« On voit que nos chiffres du mois de décembre ne sont pas très bons », a concédé le dirigeant, alors que le mouvement de contestation des « Gilets jaunes » s’est prolongé depuis la journée de manifestation du 17 novembre.

•• Selon lui, il s’agit là d’une conséquence concrète de la sociologie des utilisateurs du PMU, « clientèle populaire » qui s’est moins rendue ces dernières semaines dans ces lieux de sociabilisation que sont les PMU et autres débits de boissons.

Pour Cyril Linette, les paris hippiques « ont une vraie vocation sociale qui se matérialise dans ce maillage territorial » de 13 500 points de vente et 240 hippodromes à travers la France. « Cette responsabilité de lien social, que l’État nous assigne d’ailleurs, est importante. »

•• Mais les « Gilets jaunes » ne sont pas les seuls responsables de cette période délicate pour le PMU. « On a eu une année très difficile avec la Coupe du monde de football et la concurrence des paris sportifs », regrette Cyril Linette.

Le nouveau patron du GIE a donc pour objectif de repartir de l’avant.

••  Cyril Linette entend d’abord reconquérir le cœur de cible du PMU : les turfistes, qui représentent un million de personnes et « 80 à 90 % du chiffre d’affaires ». « Ils aiment le PMU, trouver les bons chevaux, les combinaisons, les tuyaux », constate Cyril Linette, qui promet une refonte du Quinté+ pour janvier (voir Lmdt du 5 décembre).

« L’idée est de doubler les gains pour ceux qui trouveraient le rapport dans l’ordre ou le quinté dans le désordre. On estimait que le quinté, dans sa formule actuelle, ne récompensait pas suffisamment l’expertise et la sagacité des parieurs qui passent du temps pour essayer de trouver la bonne formule. S’ils trouvent, ils ont besoin d’avoir des gains. »

•• L’autre direction empruntée par le PMU consiste à séduire les aficionados de paris sportifs qui préfèrent de loin les stades aux hippodromes : « pour toucher une autre clientèle, plus large, il faut être capable de faire réémerger une offre un peu plus simple, un peu plus ludique, peut-être le week-end, avec des courses sportives mieux exposées médiatiquement. »

•• « Nos turfistes ont Paris-Turf pour la presse écrite, ils ont accès aux données sur Internet et ils ont Equidia pour regarder la télévision et suivre les cours toute la journée. Mais les gens qui s’intéressent au sport et ceux qui s’intéressent aux jeux et ne nous voient pas – car il y a 92 % de la population française qui ne voit plus le PMU –  il faut les toucher par des médias sportifs ou des grands médias nationaux, un peu plus larges que ceux d’aujourd’hui. »