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15 Oct 2019 | Profession
 

Miné depuis des années par l’érosion des paris, le PMU a renoué avec une petite croissance sur son cœur de métier lors des deux derniers trimestres, une satisfaction pour son directeur général Cyril Linette qui a engagé en janvier un plan de relance (voir Lmdt des 21 juillet et 11 février).

« On a fait le choix de recentrer le PMU très fortement sur son cœur d’activité, et de ne plus partir au large sur des activités de diversification » résume à l’AFP Cyril Linette, à l’occasion de la publication, mardi 15 octobre, des résultats du troisième trimestre du Pari Mutuel Urbain.

Aux commandes depuis 18 mois, il rappelle que la chute des paris hippiques a fait perdre près de 2 milliards d’euros d’enjeux depuis 2012 au PMU – un Groupement d’intérêt économique (GIE) constitué d’une soixantaine de sociétés de courses, dont France Galop et Le Trot.

•• Mardi, le PMU a annoncé qu’au troisième trimestre, les enjeux sur les paris hippiques en France, son cœur de métier et principale activité, étaient en hausse de 0,5 % à 1,8 milliard d’euros, une évolution identique à celle constatée au deuxième trimestre (voir Lmdt du 11 juillet).

Ces deux trimestres consécutifs de croissance pour le marché français constituent « une première depuis 2011, hors lancement de produit » tient-il à préciser.

•• Mais si l’on intègre les paris hippiques à l’international, les paris sportifs et le poker, l’activité du PMU dans son ensemble s’affiche encore en baisse de 1,8 % au troisième trimestre, à 2,25 milliards d’euros.

« On s’est concentrés sur notre public de spécialistes, soit sur les 500 000 clients qui font 80% du chiffre d’affaires. Et même si on ne finira pas l’année en croissance, néanmoins depuis six mois on est sur une croissance réelle, ce qui est une grande satisfaction » met en avant Cyril Linette.

•• Il souligne également que « les charges du PMU auront baissé de 55 millions d’euros en 18 mois, c’est-à-dire à peu près de 15 % ». En cumulé sur les neuf premiers mois de l’année, les paris hippiques en France s’affichent ainsi à -0,9% en raison d’un premier trimestre en repli de 3,5 %.

Et le PMU estime qu’il terminera l’exercice à -1%, contre -3,3% sur l’ensemble de 2018.

•• « On devrait faire mieux que le budget sur lequel on s’était accordés avec les sociétés de courses en début d’année. On était partis sur un budget de 747 millions d’euros, et on finira au-dessus de cet objectif, avec même, je pense, quelques millions supplémentaires de résultat net » précise M. Linette.

« Par la suite, ce que je veux, c’est retrouver de la croissance sur les enjeux en France, cela va prendre un petit peu de temps, néanmoins on considère qu’on a comblé une bonne partie du fossé cette année » résume-t-il.

Cyril Linette mise aussi sur le long terme : « le pari hippique est un jeu d’initiation, de parrainage. Le client du futur dépend donc du client d’aujourd’hui, il faut donc que la clientèle actuelle soit satisfaite ».

•• Interrogé sur la privatisation de la Française des Jeux, dont l’ouverture du capital débutera le 7 novembre, M. Linette indique seulement « faire confiance à l’État pour respecter l’équilibre des filières », alors qu’une nouvelle autorité de régulation doit à cette occasion coiffer l’ensemble du secteur des jeux.

Actuellement, le PMU représente quelque 17 % du marché légal des jeux d’argent en France, derrière la Française des Jeux (46 %) et les casinos (23 %), et devant les jeux en ligne (12 %). Voir aussi Lmdt des 15 et 2 octobre.