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14 Juil 2020 | Profession
 

« Ce sera dur, mais on va passer » résume le directeur général du PMU, Cyril Linette, en constatant la « reprise fulgurante » de son activité.

Quasiment deux mois après la reprise des courses de chevaux en France (voir 9 mai 2020) l’opérateur a en effet retrouvé son niveau d’activité d’avant crise, indique-t-il dans Les Échos. Ceci … après un plongeon inouï. Mais à quel prix ?

•• En l’absence de courses françaises, le PMU avait maintenu 10 % de son chiffre d’affaires grâce aux paris sur une offre dégradée d’épreuves étrangères (voir 16 mars).

« En avril, pour la première fois de son histoire, le PMU était même en perte », rappelle Cyril Linette. « En l’espace de cinq semaines, nous sommes revenus à 100 % de notre activité. Sur les deux dernières, le volume des mises augmente de l’ordre de 3 à 4 % au sein du réseau de points de vente, et la progression atteint 30 % sur Internet ». De fait, une bonne partie de la clientèle a basculé sur le Net lors du confinement et paraît avoir adopté durablement le pari numérique.

•• Pour autant, la baisse d’activité n’en est pas moins rude sur tout le premier semestre : le PMU fait état d’un total d’enjeux hippiques en France pour les six premiers mois de l’année de 2,63 milliards d’euros, en retrait de -31 % par rapport à la même période de 2019.

Le recul pour les points de vente physique qui en génère (quand même) l’essentiel, étant de -36,5 % (à 2,16 milliards).

•• Le spectaculaire renversement de tendance des dernières semaines conduit néanmoins la direction du PMU à réviser, à nouveau, sa prévision de résultat net pour l’ensemble de l’année, cette fois-ci de manière positive : alors qu’elle s’attendait courant avril à un profit annuel tombant aux alentours de 450 millions d’euros – soit un retour à dix-sept ans en arrière -, au lieu d’une prévision budgétaire initiale de 770 millions, son directeur général avance désormais un résultat net « réestimé à plus de 600 millions d’euros »

« Il pourrait nous manquer qu’un sixième de l’année correspondant aux deux mois d’arrêt des courses » observe Cyril Linette qui reste toutefois « prudent ». La concurrence des paris sportifs est loin d’avoir retrouvé sa pleine vigueur, la Ligue 1 de football reprenant fin août. En outre, Cyril Linette n’écarte pas l’impact d’une possible crise économique et sociale en fin d’année dans le prolongement de la crise sanitaire qui pourrait conduire ses clients à moins parier.

•• Dans l’immédiat, le directeur général du PMU continue de dérouler son plan d’action. Après la restructuration de l’entreprise et la remise à plat de l’offre de courses proposées aux paris, Cyril Linette est plus que jamais attelé à améliorer sa rentabilité opérationnelle.

Cela vaut pour certains paris dont le Quinté, dont la relance n’a pas eu de franc succès (voir 30 août 2019).

•• Par ailleurs, il promet le lancement de deux nouveaux paris courant 2021. L’un d’entre eux s’adressera aux turfistes experts, portant sur plusieurs courses. Il s’agirait d’« un pari le week-end, plutôt sur Internet », précise Cyril Linette.

En parallèle, le PMU planche sur un pari « plus ouvert », « autour de la course », sous la forme de questions du type : « quel est le pays dont est originaire le cheval qui va gagner telle course ? ».