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3 Fév 2015 | Pression normative
 

B4UNMauIcAAbqLcCatherine Hill, la célèbre épidémiologiste (Institut Gustave Roussy), est décidément bien pessimiste sur les objectifs et les mesures du Plan national de Réduction du Tabagisme (voir Lmdt du 25 septembre ). Sur lequel elle est consultée, parmi d’autres experts, pour une « estimation d’impact en termes de vies épargnées ». Dans une tribune du Monde.fr « Sciences » de ce lundi 2 février, elle répète que la réduction du nombre de fumeurs (30% en 2020, 20% en 2025) ne sera jamais atteinte, en France, « faute d’une politique de santé publique efficace sur le prix ».  

Catherine Hill s’arc-boute : « estimer l’impact potentiel d’objectifs que nous savons être inatteignables est un exercice de politique fiction auquel le professionnel de santé publique que je suis refuse absolument de se livrer. Je n’aurai pas le cynisme d’estimer le nombre de morts que l’on aurait évité avec une politique des prix du tabac enfin raisonnable ». Curieux tout de même qu’une professionnelle de santé se focalise uniquement sur le levier du prix » (voir Lmdt des 8 décembre, 26 septembre et 4 février 2014) et se garde d’évoquer le potentiel de la prévention.

Catherine Hill reprend son leitmotiv contre Bercy « qui prétend craindre une baisse des ressources fiscales du tabac si on augmente les prix » (ce qui est une réalité, voir Lmdt du 13 décembre).Et aussi contre les fabricants, qui « entretiennent de conserve plusieurs fictions sans fondement »… en particulier les achats transfrontaliers et la contrebande : « depuis 2004, il n’y a pas eu d’augmentation » (sic).
Puis elle s’en prend à certains de ses homologues de la santé qui répandent « l’idée erronée que l’augmentation des prix du tabac est une mesure régressive, qui pèse davantage sur les pauvres que sur les plus riches ». « Paternalisme et ignorance » de leur part, assène l’épidémiologiste sans autre forme de procès.