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18 Juil 2019 | Pression normative
 

Un sexagénaire albanais, qui vit à Metz, assure avoir retrouvé la photo de sa jambe amputée, sur un paquet de tabac à rouler, accompagnée de la mention : « Fumer bouche vos artères ». Sauf que ce dernier n’a jamais donné son consentement, et qu’il avait été amputé suite à une agression.

C’est ce que rapportent Le Républicain Lorrain et d’autres médias, l’histoire faisant le buzz en cette journée.

•• Le fils du sexagénaire est tombé le premier sur l’image lors de l’achat, au Luxembourg, d’un paquet de tabac.

Il en est certain : l’image en gros plan d’une jambe amputée, c’est celle de son père, un Albanais installé à Metz. Et pour cause : on aperçoit des traces de brûlure et des cicatrices très reconnaissables. De retour en Moselle, il montre la photo à son père qui confirme.

« Chaque cicatrice est spécifique, unique. Cet homme a également des traces de brûlures sur l’autre jambe, c’est très net. Un expert n’aura aucune difficulté à identifier l’image » renchérit l’avocat messin de la famille, Antoine Fittante.

•• Premier point soulevé : l’Albanais n’a jamais donné son accord pour l’utilisation d’une telle photo. Second point : cette amputation n’a absolument rien à voir avec un problème lié au tabac mais est consécutive à une fusillade en Albanie qui l’avait estropié à vie en 1997.

Depuis son arrivée en France, et son installation auprès de ses enfants parfaitement intégrés, cet homme rêvait d’un appareillage pouvant l’aider à marcher sans béquilles. Il y a cru lorsqu’un orthopédiste l’a envoyé vers un spécialiste de l’hôpital militaire Legouest à Metz. Des photos – dont celle diffusée – avaient été envoyées pour évaluer les possibilités. Puis, plus de nouvelles

•• « Mon client se sent trahi, atteint dans sa dignité, voir son handicap sur les paquets de cigarettes dans les bureaux de tabac, il faut reconnaître que ce n’est pas très agréable » défend son avocat.

•• Les explications des fonctionnaires de la Commission – chargés de la gestion et du renouvellement des photos-choc sur toute l’Union européenne – n’ont pas permis de retracer le parcours de la photo. Parce que « la personne dont vous nous avez communiqué le nom ne figure pas dans la bibliothèque de ces images destinées aux avertissements de santé », a-t-il été répondu.

Cela soulève une autre question : quelqu’un a-t-il signé le document de consentement sous un autre nom ? « La Commission va devoir me produire ces éléments » prévient Maître Fittante.