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7 Juin 2018 | L'essentiel, Profession
 

C’est ainsi que démarre l’interview accordée à un média référent du monde de la vape – Vaping Post – publiée ce mercredi 6 juin. Extraits.

••• « Je suis un entrepreneur responsable et le plan buralistes 2021, c’est cela : une façon responsable et lucide pour faire évoluer la profession de buraliste face aux réalités du marché. »

Parmi les axes de développement … la vape, bien sûr, mais aussi des accords avec la Française des Jeux, une négociation en cours avec le PMU ainsi que des points de vente offrant une multitude de produits et services utiles au quotidien, à l’image d’initiatives comme le Compte Nickel.

•• Mais les buralistes ne risquent-ils pas d’ouvrir ainsi de nouveaux fronts concurrentiels, avec les épiceries et supérettes de quartier par exemple ? : « Nous ne devons craindre personne et agir en bonne complémentarité en nous positionnant comme le drugstore du quotidien.

« C’est un plan global, mais qui n’a pas pour but d’assimiler tous les bureaux de tabac à une même image. Il faut tenir compte des spécificités de chacun. On ne propose pas la même chose dans un tabac au centre de Paris que dans un village des Pyrénées : l’idée, c’est de pouvoir accompagner chacun avec des perspectives de diversifications adaptées à ses possibilités et ses besoins … Mais surtout aux attentes et usages des populations. »

•• S’adapter au réel, c’est le maître mot souligne Vaping Post : « Vous savez, s’il y a 70 ans, mon grand-père avait été buraliste, 98 % de ses rayons auraient été remplis de tabac brun. Aujourd’hui, les brunes, c’est en bas à gauche pour une poignée de clients. Le marché a changé, nous nous sommes adaptés, comme aujourd’hui. »

Et quelle est la réaction des acteurs sur le terrain, que Philippe Coy parcourt « inlassablement » ? : « Elles sont très positives. Vous savez, il y a quelques années, quand je tenais dans les réunions de buralistes ce discours sur la nécessaire diversification, et sur la vape, j’étais raillé. Aujourd’hui, la majorité des collègues que je rencontre en est convaincue. »

•• Philippe Coy veut-il le monopole de la vape pour les buralistes ? « NonLa vape est un marché en pleine croissance, et les buralistes doivent y avoir leur place. Mais nous ne souhaitons pas nous l’accaparer. Pour être clair : le monopole ne nous intéresse pas. Nous préférons préserver la dynamique du marché et nos marges, comme tout entrepreneur. On a d’ailleurs vu l’impact de certaines restrictions ailleurs dans le monde (…) Mais le marché existe, et nous le respectons.

Il a connu une forte croissance, puis une baisse brutale il y a deux ans quand beaucoup de boutiques ont coulé, avant de repartir à la hausse. Il y a de la place pour tout le monde, les buralistes et les boutiques de vape. Je suis persuadé que nous sommes complémentaires. »

•• « On s’organise. Dans les bureaux de tabac ou il y a plusieurs collaborateurs, il y en a un qui peut prendre du temps. Chez moi, quand je suis seul, avant que mes collaborateurs n’arrivent, je laisse le client tester sur un banc d’essai et je viens répondre régulièrement à ses questions. Bon, je vous concède que, quand vous faites des jeux et qu’on est vendredi 13, c’est compliqué. Mais nous sommes des professionnels, nous nous en sortons. Un client ne ressort pas de chez nous mal informé ou avec du mauvais matériel. ».

•• À propos de la participation des buralistes au « Moi(s) sans tabac » : « nous sommes acteurs de santé publique, à notre niveau. Les buralistes ne sont ni cyniques, ni naïfs, nous sommes conscients que le tabac est mauvais pour la santé, et nous agissons en notre responsabilité, qui est de proposer à nos clients des informations et des alternatives. »

« Dans les discussions sur l’avenir de la profession, nous nous plaçons en tant qu’acteurs de la fiscalité, mais aussi de la santé publique. Et nous y défendons la vape, nous travaillons à sensibiliser le Gouvernement sur ce sujet. Dans ces ministères, d’ailleurs, on nous a sondé sur le monopole, et nous avons fait savoir que ce n’était pas notre demande. En revanche, nous pensons nécessaire de sortir la vape de certains carcans réglementaires puisque c’est une alternative efficace au tabac, qui a fait ses preuves. »

Philippe Coy tend la main au monde de la vape pour dialoguer ? : « Oui, ce sera tout à fait vrai. Nous avons des sujets à partager, à la condition que cela se fasse dans un respect mutuel, ce dont je ne doute pas, car je pense que nous avons des objectifs communs. Car n’oublions pas qu’avant tout, ce sont à nos clients fumeurs que nous tendons la main avec la vape. »