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23 Jan 2019 | Profession
 

En amont de l’assemblée générale de la Chambre syndicale des buralistes du Cher, qui a eu lieu ce lundi 21 janvier, Le Berry Républicain a demandé à des buralistes comment leur métier a évolué ces dernières années.

François Drouin, buraliste à Mehun-sur-Yèvre

Dans cette ville de 6 500 habitants, il existe deux autres tabac-presse. « Je n’ai plus de place ! » avoue ce buraliste, qui a repris, il y a quelques mois, un restaurant-bar- tabac-PMU- Française des jeux.

Ancien chargé d’affaires en métallerie et serrurerie, François avait envie de « changer de vie » et de s’installer à son compte. Il ne regrette rien : « j’aime beaucoup le contact avec les clients, pour l’instant tout va bien. »

La hausse du prix du tabac ne le préoccupe pas plus que cela. « On a une commission qui augmente sur des produits qu’on vend plus chers ».  Le paquet à 10 euros ne l’inquiète pas plus que cela : « Il y en a qui vont s’arrêter, mais les gros fumeurs resteront fumeurs. » Il ne voit pas non plus de hausse flagrante des produits de cigarettes électroniques : « les gens se demandent encore si c’est nocif ou pas à long terme, ils se montrent prudents. »

James Bruyère à Vierzon

Il a repris, il y a deux ans, un débit de tabac à Vierzon. 60 % de son chiffre d’affaires dépend de la vente de tabac, avec « une clientèle quasi-exclusive » qui est prête parfois à faire 25 kilomètres pour certains produits.

Si les cigarettes restent les produits les plus vendus, elles sont en passe d’être dépassées par le tabac à rouler. Il constate bien qu’à chaque changement de tarif « il y a un changement de comportement ; les fumeurs se tournent de plus en plus vers des produits plus accessibles ».

La politique anti-tabac a déjà contribué à faire baisser le volume de ses ventes ce qui, pour lui, n’est pas compensé par la hausse du prix. Alors, il considère que « c’est important de se diversifier ». On trouve chez lui la Française des jeux, des cigarettes électroniques et des cadeaux en tout genre.

Sandrine Godon, aux Aix-d’Angillon, buraliste depuis vingt ans

Aux commandes d’un débit de tabac avec son mari depuis 1999, Sandrine a son idée sur la baisse du chiffre d’affaires chez les buralistes : « la consommation de tabac ne baisse pas, elle profite à un marché parallèle ». La solution ? « Une meilleure harmonisation des prix du tabac dans toute l’Europe : en Espagne, au Luxembourg … ».

Elle considère que « le paquet neutre n’a jamais empêché les gens de fumer. On vend des boîtes qui ont dérangé les premières fois, c’est vrai, mais après, les gens s’habituent. » En revanche, le paquet de cigarettes à 10 euros l’inquiète un peu plus : « ce sera une nouvelle baisse du volume. »

Le tabac fait 60 % de son chiffre d’affaires, mais de plus en plus, les clients privilégient les pots de tabac à rouler : « le problème, c’est que les tubes et les papiers commencent à se vendre en solderie. »

En plus de la presse, des livres, des jeux à gratter et de la carterie … Sandrine mise sur les cigarettes électroniques depuis deux ans : « c’est devenu aussi notre métier. Seulement en campagne, c’est plus lent à faire connaître. Et certains clients avaient l’habitude de s’approvisionner à Bourges. Mais les produits sont de meilleure qualité qu’au début, donc cela devient plus facile. Par contre, il faut savoir se former seul, s’adapter. »

Magali Jacquet-Rozé, à Bourges

Son établissement vit « principalement » de la vente de tabac, mais il y a aussi la presse, la Française des jeux, le relais Colis, le relais Pick up, le relais Poste … Selon elle, la diversification de son activité est essentielle pour apporter « un flux supplémentaire dans le commerce ».

À ses yeux, les buralistes ruraux souffrent plus que ceux qui sont en ville, à l’image des autres types de commerces qui ont tendance à disparaître dans les villages du Cher.