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13 Mar 2019 | Profession
 

Gros plan sur la transformation des buralistes dans L’Est Républicain (édition de Bar-Le-Duc) ce mardi 11 mars. Le quotidien y consacre sa « une » et deux pages intérieures suite à l’assemblée générale de la chambre syndicale des buralistes de la Meuse, samedi dernier à Maulan.

Comme le rappelle Philippe Tétard, ancien président, il y a comme une urgence. 73 buralistes aujourd’hui contre 150 avant 2002. « Cela devient très compliqué de trouver des repreneurs en milieu rural. Lorsqu’ils comptabilisent le temps passé au travail et le salaire, ils s’enfuient … en courant ».

•• Cependant, le nouveau président, François Mercier (photo), se montre plus optimiste, malgré une situation locale incontournable : « dans la Meuse, nous souffrons de la concurrence des pays frontaliers (…) et les ventes baissent également en raison du vieillissement des habitants et du non-renouvellement des populations ».

Mais des potentiels de développement existent. Outre le développement de la vente du vapotage, François Mercier liste :

• « le développement du tourisme dans notre département pour proposer la vente de produits régionaux et locaux
il serait également possible de prendre en charge des transactions gérées par les services publics, nous le faisons déjà pour les timbres fiscaux et les timbres-amendes. On pourrait imaginer dans le futur d’autres transactions fiscales chez les buralistes
• le développement des conciergeries est aussi une possibilité. Avec le développement des locations chez les particuliers, il est nécessaire d’avoir besoin d’une personne pour déposer et retirer les clés
il faut continuer à développer le système de relais colis
et une autre diversification est en voie d’être actée : la vente de billets de train (…)  Certains maîtrisent mal le numérique, et d’autres ont tout simplement besoin de contact. Le buraliste peut assurer ce service de proximité. De plus, il est important de maintenir les petits commerces pour que nos villages ne deviennent pas des cités-dortoirs ».

•• Reste que des réticences subsistent :

• L’après-tabac, Stéphane Gobeaux, installé à Fains-Véel (2 000 habitants à 5 kilomètres de Bar-le-Duc), y pense. « Les ventes de tabac baissent (…) Comme par hasard, dans le village, tout un groupe arrête de fumer en même temps… Je me doute bien qu’ils doivent aller au Luxembourg ». « J’aimerais bien pouvoir me diversifier, mais je suis tout seul. »

Ouvrir un relais poste serait ainsi impossible, selon lui. « Faire un recommandé prend du temps, s’il y a la queue, les clients n’attendent pas, donc c’est des consommateurs en moins. » Il ne pense pas non plus avoir le temps de s’occuper de comptes Nickel. « En sept ans, depuis mon installation, je n’ai jamais pris de vacances et je ne m’autorise que trois jours fériés par an ».

Le buraliste entend surtout faire évoluer son activité en transformant son coin vente de produits de pêche en café : « les habitants du village me l’ont demandé car il n’y en a plus ».

Dans les villes, les professionnels se disent avantagés. « Il y a plus de passage », confirme Claude Noël à Bar-le-Duc. « Je suis installé depuis six ans et mon chiffre d’affaires est stable », assure Daniel Thomas qui emploie deux personnes, « l’augmentation du prix du tabac permet de compenser la baisse des ventes. » Pour eux, le cœur du métier demeure, encore pour le moment, le tabac et les jeux.