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4 Déc 2018 | Profession
 

Le questionnement est habituel à la clôture de chaque Mois sans Tabac (voir Lmdt du 29 novembre) : quel impact immédiat chez les buralistes ? La Dépêche du Midi a rencontré une buraliste du Lot-et-Garonne, installé à Nérac.

•• Un changement dans les habitudes des fumeurs ? : « Pas vraiment. On ne peut pas dire qu’ils n’ont pas suivi le Mois sans Tabac. Il y a certains clients qui m’ont dit qu’ils allaient profiter de cette opération pour arrêter de fumer. Mais après une semaine ou quinze jours, ils sont revenus chercher leurs cigarettes ou leur tabac à rouler.

« Mais on ne peut pas dire qu’ils n’ont pas été réceptifs, cependant, ce n’est pas une majorité. D’ailleurs, on n’a pas constaté de changement radical dans nos ventes. Ce sont les clients eux-mêmes qui me l’ont dit. Je compare ce phénomène avec les bonnes résolutions du début de l’année. On essaye d’arrêter, mais sans une réelle volonté. Il y en a qui tiennent bien sûr, mais nos chiffres n’ont pas dégringolé avec ce Mois sans Tabac. J’ai regardé les chiffres : c’était pareil l’année dernière ».

•• Sur l’initiative en elle-même : « C’est bien de lancer des opérations pour inciter ou aider à arrêter mais il faut vraiment avoir la volonté. C’est comme la cigarette électronique. On a vu beaucoup de clients s’y essayer mais revenir malheureusement au tabac.

« Je ne pense pas que la cigarette électronique séduise plus particulièrement les jeunes. C’est une clientèle plus mûre, j’ai remarqué. Plus 50 ans que 20 ans. Ça dépend peut-être des coins mais c’est ce que j’ai remarqué sur ma clientèle. »

•• Sur les hausses des prix du tabac : « Beaucoup s’étaient retournés vers le tabac à rouler, moins cher. Mais maintenant, il va devenir aussi cher. Les gens fument moins en quantité aussi. Ils continuent d’acheter, mais ils font plus attention par rapport au prix. Ils gardent la cigarette plaisir après le café ou quand on va boire un coup avec des amis.

« Mais le nombre des fumeurs va continuer à chuter, c’est aussi certain. 10 euros, c’est un cap symbolique. Là, les gens donnent un billet, on leur rend une pièce. Ça va devenir un produit de luxe. C’est un produit de luxe. 

•• Sur l’avenir du métier de buraliste : « On peut se poser la question. Ça fait 18 ans que je suis installée ici. On se demande ce que l’on va devenir. On essaye de se diversifier, avec la cigarette électronique (…) On a encore la chance, aujourd’hui, qu’on ne trouve des cigarettes que dans les bureaux de tabac, pas en grandes surfaces ou dans des distributeurs automatiques ».