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16 Sep 2019 | Profession
 

« Les buralistes font de la résistance » … Sous cette bannière, Le Courrier Cauchois (édition 13 septembre) dresse le portrait de plusieurs profils de buralistes implantés en Seine-Maritime.

Et pour apporter une réponse de terrain au débat lancé par Le Parisien / Aujourd’hui en France (voir Lmdt du 30 août), Emmanuel Magniez (président de la chambre syndicale du département et vice-président de la Fédération Paris / Oise / Seine-Maritime) analyse : « nous avons perdu 55 points de vente en six ans. Nous en comptons encore 550. Soit une baisse de 10 %. Les buralistes normands résistent bien. Nous restons le premier commerce de proximité ».

•• Avec l’augmentation du prix du tabac, « le problème c’est que notre fréquentation baisse et nous vendons moins de produits annexes » explique le président et buraliste depuis 25 ans à Saint-Wandrille-Rançon (au cœur des Boucles de Seine, à 30 kilomètres à l’est de Rouen).

Alors, cap sur la diversification. « En Seine-Maritime, j’ai signé une convention sur la transformation de nos commerces avec la CCI et nous avons déjà réalisé une vingtaine d’audits dans le département » (voir Lmdt des 11 et 1er septembre).

« Nous avons signé un partenariat historique avec la Sncf pour vendre des billets de train (voir Lmdt des 25, 11 et 8 juillet). Nous venons d’être retenus pour assurer l’encaissement de créances fiscales ».

Et d’autres pistes sont explorées : produits de la vape, relais Poste, Compte Nickel, kits carte grise, relais colis et snacking. « En Seine-Maritime, nous avons aussi les Partisans du vin, un concept de vins à emporter qui cartonne » (voir Lmdt du 21 août).

•• Les focus sur ses collègues mettent en évidence l’importance de l’amplitude horaire, surtout dans des bourgs de moins 1 000 habitants … et l’esprit de service.

Dominique Dehais tient un bar-tabac à Allouville-Bellefosse (à 14 kilomètres de Saint-Wandrille-Rançon). « J’ouvre tous les jours de 7 à 21 heures non-stop (le dimanche à partir de 8h). Cela permet aux gens qui commencent tôt et finissent tard de faire leurs achats ».

Si elle revendique gérer un bar-tabac à l’ancienne, elle fait en sorte de s’adapter aux nouveaux modes de consommation : « à chaque rentrée, j’ai de nouvelles personnes qui viennent. Je leur demande alors pour combien de temps ils sont là et s’ils veulent que je leur commande un produit que je n’ai pas. Cela permet de fidéliser les nouveaux clients. »

Nouveau dans la profession, Didier Blampain s’est installé il y a trois ans à Gommerville (25 kilomètres du Havre) où il a repris le bar-tabac et y a ajouté un coin épicerie. Les va-et-vient y sont fréquents : « c’est tout un ensemble qui fait que ça fonctionne. On s’adapte aux besoins des gens ».

Il a, un temps, mis en place la vente de kebab : « ça fonctionnait mais ça ne rapportait pas assez pour embaucher quelqu’un en plus ». Depuis trois semaines, Didier Blampain teste une nouveauté : la vente de poulets, le dimanche matin.

Selon lui, la baisse des ventes de tabac ne s’explique pas tant par la hausse des prix (« les gens achètent plus de paquets que de cartouches, c’est psychologique ») que par la contrebande (« il y en a plus qu’on ne l’imagine »)

Clôture sur une entreprise familiale depuis la fin des années trente : le bar-tabac-épicerie de Thérouldeville (à côté de Fécamp).

« C’est fini le temps où les gens venaient faire leurs courses à l’épicerie. Aujourd’hui, on fait que du dépannage ». Ce qui permet au commerce de tenir, c’est la très grande amplitude horaire (« nous sommes connus pour être ouverts six jours sur sept, de 6 heures à 21 heures »), la fréquentation de la route avec la possibilité de se garer facilement et … la fidélité de la clientèle.