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24 Août 2019 | Profession
 

Avec le paquet de tabac à 10 euros, à l’horizon 2020, les buralistes du Nord et du Pas-de-Calais peuvent légitimement s’inquiéter pour leur clientèle qui pourrait encore davantage se laisser tenter par les tarifs belges.

Mais ils sont surtout prêts à se diversifier davantage et espèrent, par exemple, pouvoir prochainement accueillir ceux qui voudraient payer leurs impôts, leurs amendes ou encore acheter un billet de train. C’est ce qu’a ressenti La Voix du Nord (22 août).

•• « Le bureau de tabac, c’est un lieu de rencontres. Et quand on cherche quelque chose, on peut souvent le trouver ici » assure Chamack, un client voisin du « Pacha » à Armentières (à 23 kilomètres de Lille, sur la frontière belge). Régulièrement, il vient acheter ses cigarettes, boire son café et discuter avec ses voisins de comptoir en début d’après-midi. Si demain il pouvait également y acheter un billet de train, « ça serait plus simple, plus près ».

« Si ça peut ramener quelques clients, c’est forcément intéressant » admet Alex, le jeune buraliste (photo). Confronté à la concurrence belge, il assure miser plutôt sur d’autres services que sur la vente de tabac.

•• En revanche, il sera possible, d’ici mi-2020, de payer ses impôts (par exemple, la taxe foncière) et certaines factures (de crèche, d’hôpital), en espèces et par CB,  chez son buraliste (voir Lmdt du 24 juillet). « Avec Internet et le prix du tabac qui augmente, il faut se diversifier si on veut continuer. On a un peu l’ambition de devenir les drugstores des Français » résume Christophe Carpentier, buraliste lillois et délégué de la chambre syndicale des buralistes du Nord.

•• À une quinzaine de kilomètres là, à Wavrin, Michel est aux commandes du « Saint-Claude » depuis plus de trente ans. Selon lui, » le tabac est encore la locomotive » de son commerce. « Mais sans l’arrivée des jeux à gratter et du loto, il y a plusieurs années, beaucoup auraient mis la clé sous la porte » estime le buraliste.

« Parfois, le buraliste est le seul commerce du village ou du quartier » poursuit Christophe Carpentier, « c’est son rôle de simplifier la vie des gens, de proposer de plus en plus de choses …».