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9 Avr 2019 | Profession
 

Aux dires des Dernières Nouvelles d’Alsace, Christelle Naha et Patrice Soihier, respectivement secrétaire générale et président des buralistes du Bas-Rhin, ont fait entendre « une colère qui sourd », lors de l’assemblée générale annuelle de la chambre syndicale départementale, ce dimanche 7 avril.

Où étaient également présents Philippe Coy et Thierry Lefebvre (président de la fédération des buralistes de l’Est).

•• L’an passé, 14 points de vente ont fermé à travers le département. Et parmi les 276 buralistes actifs (soit un pour 4 000 habitants environ), « certains se meurent », notamment dans les zones les plus proches de la frontière — les secteurs de Wissembourg, Bischwiller et Strasbourg tout particulièrement.

« Les hausses de prix successives et importantes (+ 13 % sur l’ensemble de 2018, 30 à 70 centimes supplémentaires encore, selon les marques, le 1er mars dernier) ne font qu’encourager les fumeurs à se fournir en dehors du réseau licite, sur le marché parallèle, et surtout en Allemagne » a tonné Patrice Soihier.

•• Selon le quotidien régional, le président obernois et sa secrétaire générale, buraliste à Strasbourg, ne décolèrent pas contre le tram qui relie désormais la capitale alsacienne à sa voisine Kehl et ses « supermarchés du tabac, où le paquet est deux euros moins cher ». « Ici en tout cas, ils n’ont pas arrêté de fumer, ils sont dans le tram ! » a poursuivi Patrice Soihier (voir Lmdt des 5 mars 2018, 24 novembre ainsi que 27 mai 2017).

•• Les chiffres : le volume de cigarettes vendues par les buralistes bas-rhinois a dégringolé de 14 % l’an passé, soit bien plus que dans le reste de l’Hexagone. Et à l’inverse de la tendance nationale, eux ont vu leur chiffre d’affaires baisser : moins de clients pour les cigarettes, c’est aussi moins de produits annexes vendus.

•• La Directrice régionale de la Douane à Strasbourg, Christine Durringer, a eu beau mettre en exergue la lutte contre la fraude (820 kilos de tabac de contrebande saisis en 2018) et faire savoir qu’à partir de fin mai, les paquets licites seront dotés de marqueurs (traçabilité), Patrice Soihier a dénoncé que les responsables politiques, locaux et nationaux, « encouragent la fuite de nos clients » et, partant, « de recettes fiscales dont notre pays a pourtant bien besoin » (…)

•• Mais pour amortir les difficultés, Philippe Coy compte plutôt sur le dispositif d’aides renégocié avec Bercy. Notamment la « remise transitoire trimestrielle », soit une rémunération supplémentaire de 0,8 % pour les buralistes qui enregistrent une baisse de chiffre d’affaires tabac de plus de 15 % sur un trimestre.

Et surtout sur le grand plan de Transformation qui doit permettre au réseau d’élargir l’offre commerciale et d’adapter les points de vente aux évolutions de la société. « Le paquet de cigarettes n’est plus aussi tendance qu’il y a trente ans » a relevé le président de la Confédération nationale, « et le marché de la cigarette électronique rattrape celui de la cigarette classique ».

Pour autant, Philippe Coy n’a pas minimisé pas les difficultés particulières des buralistes frontaliers. L’Europe, justement : « tant que Bruxelles ne légiférera pas pour harmoniser la fiscalité, c’est sûr que ça va être compliqué … ».