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4 Mai 2019 | Profession
 

Le projet d’ordonnance fixant le champ d’action de FDJ, une fois privatisé (voir Lmdt du 24 avril), n’interdirait pas à cet opérateur de se lancer dans le « live betting » … ou pari en direct. Selon Le Figaro, cette possibilité inquièterait au plus haut point la filière hippique. Extraits. 

« Le live betting dans les bars-tabacs serait un danger mortel pour nous » alerte Cyril Linette, directeur général du PMU, « les buralistes, qui touchent une commission plus importante avec la FDJ qu’avec le PMU, diffuseraient plutôt les matchs que les courses.»

•• Un danger car la majorité des turfistes fait son pari – devant l’écran présent en point de vente -quelques minutes avant la course (dans le turf, parier n’est plus possible pendant).

De fait, les buralistes verraient d’un bon œil la possibilité de vendre des paris sportifs pendant les rencontres. « Sur le Web, le live betting est proposé » affirme Philippe Coy, « si on veut conserver nos clients, il faut leur offrir les mêmes produits. »

•• Factuellement, ce projet d’ordonnance ne changerait pas grand-chose au droit de FDJ d’aller sur le pari en direct puisque jusqu’ici cette pratique n’était pas formellement interdite.

« La différence, c’est que FDJ sera privatisée » souligne toutefois Dominique de Bellaigue, président du Trot, une des deux sociétés mères du PMU : « ceux qui vont acheter l’entreprise auront besoin d’améliorer son rendement. Et le live betting est un des moyens pour y arriver »

D’ailleurs, avec l’assentiment des pouvoirs publics, FDJ a déjà expérimenté le pari en direct dans une centaine de bars-tabacs en mars 2017. Face à la bronca de la filière hippique qui avait mis plusieurs milliers de personnes dans la rue, Bercy avait mis fin à l’expérimentation au bout d’une quinzaine de jours (voir Lmdt du 29 mars 2017).

•• Une fois privatisée, FDJ compte-t-elle essayer de se relancer sur le créneau ? « Pour l’instant, il n’y a pas de sujet » élude-t-on au sein de la société. Du côté de la majorité, on reste tout aussi vague. « Notre objectif avec ces ordonnances est de faire en sorte que FDJ ait le même périmètre d’activités demain qu’aujourd’hui », souligne Olga Givernet, députée LREM qui suit ce dossier.

Une chose est sûre, selon le quotidien : l’ordonnance ne suffira pas à FDJ pour se lancer dans le pari en direct chez les buralistes. L’entreprise aura aussi besoin de l’autorisation du régulateur des jeux.