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11 Nov 2017 | International
 

Grande émotion chez les dénonciateurs du « grand complot éternel de l’industrie du tabac ». Ou simple contretemps qui prête à sourire. 

Ainsi, l’Organisation internationale du Travail (OIT) a annulé, cette semaine, un communiqué annonçant la fin de sa coopération controversée avec l’industrie du tabac, ce qui a déclenché la colère des ONG voyant dans ce revirement « la main invisible » du lobby du tabac.

•• En fin de matinée, de ce jeudi 9 novembre, un communiqué du service de presse de l’OIT annonce que le conseil d’administration avait décidé de ne plus accepter de fonds venant des fabricants de tabac. C’était une décision attendue et réclamée par des dizaines d’organisations dans le monde afin de couper le dernier lien de l’ONU avec cette industrie (voir Lmdt du 30 octobre).

•• Mais quelques heures plus tard, le porte-parole de l’agence, Hans Von Rohland, diffusait un nouveau communiqué expliquant qu’« une version erronée de la décision » avait été transmise et que le conseil d’administration avait en fait décidé de reporter la discussion à mars prochain.

« Il y a eu différents projets de décision au cours des trois réunions du conseil d’administration. Nous avons diffusé par erreur l’avant-dernière version du communiqué », a-t-il expliqué à l’AFP. Patatras.

•• « Une fois de plus, les fabricants de tabac ont fait dérailler la décision de l’OIT », a estimé la directrice adjointe de l’ONG Corporate Accountability, Gigi Kellett. « Il est grand temps que l’OIT reconnaisse les véritables objectifs des fabricants de tabac et se débarrasse de cette industrie », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

•• Le revirement de l’OIT « est le résultat de la main invisible de l’industrie du tabac », a accusé Shuo Peskoe-Yang, chercheur à Corporate Accountability.  Selon lui, les représentants de l’Europe, du Canada, de l’Australie et d’autres pays étaient favorables à la rupture des liens avec les fabricants de tabac, mais le bloc des pays producteurs, les pays africains et les États-Unis, s’y sont fermement opposés.

« L’industrie du tabac a fait miroiter ces fonds devant le bloc des pays africains », a-t-il dit à l’AFP. « Quelque chose, derrière les portes closes et à l’extérieur de la session plénière, a produit ce résultat. »