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Deux ans après l’entrée en vigueur du paquet neutre, Santé publique France publie, ce jeudi 17 janvier, une étude sur la perception du paquet de cigarettes par les fumeurs entre 2016 et depuis. 

Selon le document, la part de fumeurs qui disent « apprécier » l’aspect de leur paquet de cigarettes a été divisée par trois depuis la mise en vente du paquet neutre. Ils étaient 53 % en 2016 et sont 16 % aujourd’hui.

Deuxième constat, les fumeurs « gênés » de sortir leur paquet « à la vue de tous » sont deux fois plus nombreux : soit 12 % de personnes embarrassées contre 6% en 2016. La gêne est plus présente chez les femmes et les petits fumeurs.

•• Si le nombre des fumeurs « gênés » peut sembler relativement faible par rapport aux attentes des promoteurs du paquet neutre, leur augmentation par rapport à 2016 constitue, toutefois, un signe positif aux yeux des rédacteurs de l’étude. « Cette stratégie (paquet neutre et agrandissement des messages) a probablement contribué à dénormaliser encore un peu plus les produits du tabac ».

•• Avec un million de fumeurs quotidiens en moins – selon le ministère de la Santé (voir Lmdt du 28 mai 2018) – le tabagisme a connu entre 2016 et 2017 un recul inédit qui s’explique aussi par la meilleure prise en charge des substituts nicotiniques (forfait de 150 euros par an, contre 50 auparavant) et l’interdiction des arômes. La tendance se serait prolongée en 2018 avec une baisse de plus de 9% des ventes officielles de cigarettes (voir Lmdt du 9 janvier). L’impact de la montée en puissance du vapotage n’est pas mentionné.

•• Pour en revenir à l’enquête, les jeunes adultes interrogés (18 à 24 ans) sont les plus sensibles au paquet neutre. Alors qu’ils étaient plus nombreux à apprécier l’aspect de leur paquet de cigarettes (62 %) avant le paquet neutre, ils ont rejoint en 2017 leurs aînés dans les statistiques (voir aussi Lmdt du 21 novembre 2018).

•• Est-il possible d’isoler l’impact du paquet neutre alors que d’autres efforts ont pu jouer : montée en puissance de l’opération « Mois sans tabac », meilleur remboursement des patchs, hausse du prix du tabac à rouler ? « Cette mesure a probablement contribué, dans un contexte anti-tabac particulièrement fort, à dénormaliser encore un peu plus les produits du tabac en France » conclut prudemment Santé publique France.

Relevant cependant que la prévalence du tabagisme en France reste nettement plus élevée que dans d’autres pays d’Europe, les auteurs de l’étude ajoutent : « la lutte contre le tabagisme doit se poursuivre ».