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22 Jan 2017 | Observatoire
 

Avec la généralisation du paquet neutre, certains entrepreneurs se sont engouffrés dans le créneau du cache paquet. À tort ou à raison ? Challenges.fr fait le point dans un dossier de ce samedi 21 janvier.

•• Premier constat. L’idée n’est pas nouvelle. Les étuis pour paquets de cigarettes sont légions sur les sites de vente en ligne. Et déjà, en 2011, au moment de l’apparition des photos-choc ce créneau avait essayé de décoller, sans réel succès. « Depuis longtemps, les distributeurs proposent des cache-paquets sous toutes ses formes » indique Pascal Montredon, « la gamme s’est peut-être un peu élargie depuis la mise en place du paquet neutre mais pas plus ». Il faut « pouvoir répondre à un client si celui-ci en demande » indique Fabienne Aouidat, présidente de la chambre syndicale des buralistes de Côte-d’Or qui a tout de même offert des packs de cache-paquets à ses adhérents.

•• Que le cache-paquet soit un coup à jouer en ce moment, d’autres y croient.

• C’est le cas d’« Exo », lancé par Matthieu Boraso, un jeune toulousain de 23 ans, avec deux amis. Leur marque de cache-paquet est un projet issu d’un mémoire de fin d’études en école de commerce. Les trois jeunes entrepreneurs ont fait le choix de vendre leur cache-paquet chez les buralistes. « Ce produit permet aux buralistes de se diversifier », argumente Matthieu Boraso. « Exo » mise sur le design pour se démarquer (photo à droite) . « De plus en plus d’objets sont personnalisés alors on veut permettre aux fumeurs d’avoir un objet personnalisé », explique Matthieu Boraso, qui cible les 18-30 ans : « on s’inspire de ce qui se passe avec les coques de smartphone. La plupart n’en achète pas pour protéger leur appareil mais pour son design ».

• Miser sur le design, c’est aussi l’idée de Maki Meraoumia avec « Sobox » (photo à gauche). En bon communicant, il ne veut absolument pas le qualifier de cache-paquet : « on ne veut pas cacher quelque chose, on veut mettre en avant l’objet Sobox. On veut en faire un objet tendance. Il y a 13 millions de fumeurs en France et ils peuvent sortir vingt fois leur paquet par jour. On voulait profiter de la surexposition de cet objet pour véhiculer l’humeur des gens par exemple ». D’où des collections très variées : humour, sport ou encore région.

Reste que Sobox a bel et bien profité de la mise en place du paquet neutre pour se lancer. « Ne restez pas neutre et affichez votre humeur », est-il d’ailleurs précisé sur leur site Internet. Et, pour se faire connaître auprès des buralistes, Sobox n’a pas hésité à louer un stand au Losangexpo en novembre dernier.

• Mais le paquet neutre va-t-il vraiment booster le marché du cache-paquet ou les fumeurs vont-ils s’habituer au visuel des nouveaux paquets ? Il est encore bien tôt pour le dire. Matthieu Boraso se veut optimiste et croit à la stratégie « objet design ». À Toulouse et ses environs principalement, « Exo » est présent chez une quarantaine de buralistes et vendu aux alentours de 1 euro/ 1,50 euro. Du côté de « Sobox », dont le prix conseillé chez les buralistes tourne autour de 2 euros, Maki Meraoumia évoque des accords avec de « très gros buralistes ». Et de nouvelles idées pour en faire « un objet fun ».

Le cache-paquet va-t-il devenir le prochain objet à la mode ? « La mode est un éternel recommencement. Il y a 30 ou 40 ans, il y avait des étuis et des porte-cigarettes », rappelle Pascal Montredon, « mais pour l’heure, cela va dépendre de l’ingéniosité des inventeurs ».