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3 Nov 2015 | Profession
 

Xavier BeulinParmi les interventions des « grands témoins » au cours du meeting multiplex de ce lundi 2 novembre (voir Lmdt du 2 novembre et de ce jour), le message (vidéo) de soutien à la mobilisation des buralistes du président de la FNSEA, Xavier Beulin, a marqué les esprits. Nous en reproduisons l’intégralité.

« Je suis très heureux de pouvoir m’adresser ce soir aux buralistes, des hommes et des femmes qui font la vie de nos quartiers, la vie de nos campagnes, la vie de nos territoires ruraux.

Pour vous dire, d’abord, ma solidarité avec votre mouvement, au moins sur trois points : 

 D’abord, parce que nous sommes en phase lorsque nous critiquons, à juste titre, les sur-transpositions en France du droit communautaire. Je crois qu’il est temps que la France se mette véritablement dans l’épure communautaire, ni plus ni moins. C’est un combat commun que nous menons. Et je sais que vous le menez sur cette question de la sur-transposition de la Directive concernant le paquet de tabac.

• Deuxièmement, ce sont les conséquences qu’induit indirectement cette décision de la ministre de la Santé. À savoir que, si demain, il y avait un paquet neutre en France, nous pourrions avoir des conséquences sur d’autres produits ; je pense notamment aux vins et aux alcools, sur lesquels un certain nombre de pays, producteurs de tabac dans le monde (je pense à l’Indonésie et à la Virginie), manifestent déjà pour dire : « s’il y a un paquet neutre en France, alors nous exigerons, de notre côté, la bouteille d’alcool neutre … ». On voit que la question du paquet neutre va bien au-delà du seul problème du tabac.

• Troisième élément sur lequel on peut aussi se retrouver. Il y a dans le projet de loi de Santé des dispositions qui ne nous conviennent pas aujourd’hui : le code couleur sur les aliments que nous consommons.
Que l’on donne une information aux consommateurs, nous y sommes attachés et nous le revendiquons sur l’origine des produits. Mais, attention ! Le code couleur pourrait discriminer un certain nombre de nos produits alimentaires – dont nous sommes garants et plus que ça, très fiers – qui pourraient être « torpillés » par un affichage du code couleur au bénéfice de produits d’importation. Un exemple très concret : la cannette de Coca-Cola pourrait être mieux classée en code couleur que le steak haché ou l’entrecôte que vous achetez chez votre boucher. Il y a quand même des questions à se poser …

Ce qui me fait dire que, dans ce pays, avant de légiférer ou de prendre tel ou tel décret, il est important qu’on en mesure toutes les conséquences pour nos propres intérêts, sans dénaturer, bien sûr, les questions de santé et d’environnement. Mais, attention ! Derrière, il y a de l’économie, il y a des territoires, il y a des emplois, il y a de la valeur ajoutée, il y a, parfois, de l’exportation.

Soyons quand même vigilants. On ne peut pas, d’un côté revendiquer une politique très active et très offensive, notamment sur l’emploi, et, en même temps, nous mettre des bâtons dans les roues ou des semelles de plomb aux pieds, voire, parfois même, nous autodétruire par trop de législation. Je pense que là-dessus, nous pouvons marquer une certaine solidarité.

En tout cas, je vous félicite pour ce mouvement et sachez que les paysans, les ruraux, sont derrière vous parce qu’ils ont bien compris que c’était un enjeu très important. Pour vous. Pour votre filière. Pour vos activités de service. Et plus globalement pour l’intérêt de la France et de son économie ».