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18 Avr 2017 | Pression normative
 

C’est une première.

L’institut OpinionWay vient de publier une étude d’opinion sur la façon dont le paquet neutre est perçu par la population et les buralistes. Ceci, dans les départements frontaliers (23 au total), là où l’impact des achats à l’étranger est le plus sensible. Elle est reprise dans Sud-Ouest de ce jour.

Extraits des premiers enseignements commentés par Frédéric Micheau, directeur des Études d’opinion d’OpinionWay.

•• Certes, le paquet neutre bénéficie d’une très grande notoriété, au sens où les sondés savent de quoi il s’agit : « tout le monde, ou presque, connaît le paquet neutre » reprend le sondeur.

En même temps, il est jugé efficace par seulement … 28 % de la population frontalière : « c’est surtout le dispositif anti-tabac qui arrive tout en bas de tableau. Il est considéré comme le plus inefficace des dispositifs, loin derrière l’accompagnement médical ou l’interdiction de fumer dans les lieux publics. On voit bien qu’il y a un vrai scepticisme ».

•• 45 % des habitants de zones frontalières considèrent que le paquet neutre n’a aucun effet sur la consommation de tabac en France.

45 %, également, estiment qu’il n’aura qu’un effet à court terme : la consommation devrait d’abord baisser puis retrouver son niveau actuel, selon eux. « Le paquet neutre serait donc non seulement inefficace, mais aussi contre-productif puisque la première conséquence du paquet neutre, celle qui est jugée la plus probable, est le détournement des acheteurs vers marché noir ».

•• 55 % des buralistes jugent que le paquet neutre a un impact sur le chiffre d’affaires de leur entreprise. Ils craignent essentiellement le détournement de leur client vers le marché parallèle.

• Les personnes interrogées ne remettent pas en cause l’objectif de santé publique « …mais il y a deux idées intéressantes dans cette étude. Les sondés considèrent que ce n’est pas aux pouvoirs publics de lutter contre le tabagisme. C’est d’abord aux individus de faire des efforts pour arrêter de fumer ou ne pas commencer. La responsabilité première est individuelle, même si les pouvoirs publics doivent bien sût être présents. 

« La deuxième idée est que le paquet neutre participe d’une certaine façon d’un régime d’exception. Seule une minorité de consommateurs et de buralistes voit comme probable que l’emballage neutre soit étendu à d’autres produits considérés comme nocifs », analyse Frédéric Micheau.