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14 Fév 2017 | Profession
 

« Nous ne serons pas victimes d’un plan d’éradication mis en place par une caste qui rejette toute forme de pluralisme … ». Cette déclaration de Jacky Révillé (président de la chambre syndicale des buralistes de Charente-Maritime et administrateur de la Confédération), qui tenait son assemblée générale ce dimanche 12 février, résume l’état d’esprit face à l’accumulation des contraintes : de la gestion compliquée du paquet neutre aux pressions sur le monopole des buralistes (voir Lmdt du 8 février). 

• À cette même assemblée générale, son collègue de Saintes et secrétaire général, José Savariego, a qualifié carrément « d’ayatollahs de la santé » tous ceux qui souhaitent « nous clouer au pilori » : certains élus, notamment, et les journalistes qui vantent le plan santé de la ministre Marisol Touraine également. Il fustige les bien-pensants alors que « les blondes de contrebande inondent le marché ».

Il a également rappelé l’obligation d’installer de plus en plus de linéaires de journaux, alors que « le papier est en déclin » ainsi que les difficultés du commerce en centre-ville face au développement des zones commerciales périphériques. À l’échelon départemental, les buralistes ont vendu 552 millions de cigarettes, soit 0,9 % de moins qu’en 2015, rapporte Sud-Ouest.

•• Thierry Lefebvre (président de la chambre syndicale des buralistes du Haut-Rhin et vice- président de la Confédération) s’en est pris vertement à la Cour des comptes, au JT d’Alsace 20, le lendemain de la publication du rapport annuel : « sur le monopole en lui-même, c’est une aberration, alors qu’on sait que l’État veut tout réglementer actuellement. Et là, il laisserait la porte ouverte à ce que le tabac soit vendu n’importe où par n’importe qui ! 

« … C’est ce qui passe déjà aujourd’hui, avec près de 30 % de tabac vendu en dehors du réseau légal. Et la Cour des comptes ne sait même pas que ça représente 4 milliards d’euros qui, chaque année, ne rentrent pas dans les caisses de l’État ».

•• Cyrille Geiger (blogueur et buraliste parisien), sur Sud Radio, à propos de l’identification des joueurs (voir Lmdt du 9 février) : « ces députés veulent qu’on identifie 100 % des joueurs pour régler le problème de 0,1 à 0,2 % des joueurs qui fraudent. On va gâcher le plaisir de 26 millions de joueurs par an et compliquer un peu plus le travail des buralistes – surtout après le paquet neutre – pour lutter à la marge sur quelques joueurs qui blanchissent ainsi de l’argent, essentiellement via les paris sportifs.

« Et on va aller embêter une petite mamie avec son ticket à gratter pour scanner sa pièce d’identité. Au-delà du casse-tête, dans quelle société veut-on nous faire vivre ?

« Qu’on établisse des procédures pour les gros joueurs. Comme actuellement, la démarche de jeu responsable de la Française des Jeux : le gain est payé par virement (et donc identifié) à partir de 300 euros pour les jeux de grattage et de 500 euros pour les jeux de tirage et de paris sportifs. Pas besoin de faire tout un pataquès … ».