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31 Oct 2017 | Profession
 

Alors que le processus législatif permettant la programmation du paquet à 10 euros en trois ans est en bonne voie (voir Lmdt du 27 octobre), les hypothèses les plus diverses – quelquefois les plus fantaisistes – circulent sur l’attitude des fabricants qui, en définitive, restent libres de fixer leurs prix.

Ainsi de Challenges qui, dans son dernier numéro, affirme « que les industriels vont tout faire pour absorber les nouvelles taxes ». Extrait :

« Malgré tous les efforts des pouvoirs publics pour renchérir le coût du tabac, les industriels vont tout faire pour absorber les nouvelles taxes et ne pas franchir le seuil fatidique des 10 euros.

•• Le prix du tabac augmentera six fois d’ici à la fin de 2020 pour atteindre le prix très symbolique de 10 euros. Cette hausse étalée dans le temps « permettra aux gens de se préparer, de trouver les moyens d’arrêter de fumer, c’est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt », avait argué Agnès Buzin, la ministre de la Santé en septembre dernier.

« Cet étalement des hausses permet aussi aux industriels de s’organiser afin d’absorber au mieux cette hausse des prix ou plutôt des taxes et de tout faire pour ne pas franchir ce seuil très symbolique de 10 euros. Le leader du marché Philip Morris qui détient notamment les marques Marlboro, Chesterfield, L&M), soit 43 % du marché des cigarettes en France, envisage de réduire ses marges pour compenser en partie cette hausse des taxes et se placer juste en dessous des 10 euros.

•• « Le cigarettier mène un lobbying très actif sur cette hausse des taxes en rappelant notamment que celle-ci va favoriser encore plus qu’aujourd’hui l’achat chez nos voisins qui pratiquent tous des tarifs moins chers.

« Philip Morris a même fait un petit calcul où dans la perspective d’un paquet à 10 euros en France, et donc de 4 cartouches commercialisés au prix de 400 euros, il sera rentable pour un consommateur français de se rendre en Belgique (pour acheter 4 cartouches) s’il habite à moins de 771 kilomètres de la frontière ou d’aller en Espagne quel que soit son lieu de résidence. De même, un consommateur adulte habitant à Paris se rendant au Luxembourg pour acheter 4 cartouches de cigarettes économiserait lui environ 88 euros. Un message qui n’empêchera pas la détermination du gouvernement.

« C’était une promesse du candidat Macron»