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13 Déc 2017 | Profession
 

Appel de « une », double page intérieure, Le Journal de Saône-et-Loire de ce lundi 11 décembre a mis un coup de projecteur sur « la hausse des prix du tabac qui booste les petits trafics » dans le département.

•• « Même certains de mes clients m’en parlent. Ils disent qu’on leur propose des cigarettes. Et puis, il y a toutes les possibilités sur internet et les réseaux sociaux. C’est un vrai marché parallèle, comme pour le beurre pendant la guerre » déplore Karine Plissonnier, buraliste depuis 15 ans à Saint-Marcel (près de Chalon-sur-Saône).

« Les douanes font un travail formidable contre les trafiquants », souligne la commerçante, « mais qui dit frontières ouvertes et internet dit trafic … amplifié. Et l’augmentation continue du prix du tabac ne peut que le favoriser. Les fumeurs annoncent que si le paquet passe à 10 euros, ils iront se fournir ailleurs. Ce n’est pas après les buralistes qu’ils en ont, mais c’est simplement une façon d’économiser un peu en ces temps difficiles. »

« C’est du système D, des petites combines pour arrondir des fins de mois difficiles », estime la buraliste qui fait le distinguo entre réseau organisé et les petits trafics des particuliers, « n’empêche que cela finit par prendre des parts de marché au commerce local. » Karine Plissonnier évalue à 30 % la baisse de son chiffre d’affaires « tabac » pouvant être imputée à l’augmentation du trafic.

•• Laurent Maquart (président du Syndicat des buralistes de Saône-et-Loire) dénonce à son tour ce « trafic de fourmis et les commandes de tabac via Internet ».

À Montceau-les-Mines où il est installé, par exemple, de nombreux camionneurs viennent de l’étranger pour approvisionner les entreprises du bassin minier : « il leur est facile de transporter un carton de cigarettes dans leur cabine et de le vendre à la sauvette sur un parking. Dans certains pays, ils sont payés au lance-pierre. En revendant un carton de clopes, ils peuvent doubler leur salaire. » explique Laurent Maquart.

« Grâce aux réseaux sociaux, les gens peuvent facilement se donner rendez-vous quelque part pour acheter des paquets sous le manteau » ajoute-t-il. « L’autre jour, un confrère m’a dit que son fils avait trouvé du tabac à chicha via la plateforme Amazon. Je ne le croyais pas. Finalement, on a fait la commande à un vendeur domicilié dans l’Ain et le paquet est arrivé par colis. Même les mineurs peuvent ainsi acheter du tabac.

En 15 ans, il estime avoir perdu 50 % des volumes de vente de cigarettes.