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4 Déc 2017 | Profession
 

Dans le prolongement de la venue à Toulouse de Philippe Coy (voir Lmdt du 3 décembre), France Info a été sondé l’ambiance du quartier Bernard-Arnaud où le trafic est quotidien sous l’œil de six caméras de surveillance.

•• « Les caméras c’est très bien, mais s’il n’y a pas d’action derrière, ça ne sert à rien », regrette Béatrice Meurisse, buraliste, « il faudrait que les vendeurs soient arrêtés et les acheteurs verbalisés. »

« En quinze ans, notre chiffre d’affaires pour le tabac n’a pas augmenté. Il aurait dû, puisque le prix a énormément augmenté. Ce n’est pas qu’il y ait moins de fumeurs en France. Ils s’approvisionnent au marché noir ou dans les pays limitrophes comme l’Espagne. »

•• Il n’y a pas que l’Espagne et l’Andorre. Ils achètent aussi des cigarettes algériennes, comme le confirme Kader qui encadre une équipe de vendeurs, pour faire, reconnait-il, « de la contrebande » : « si tu restes toute la journée, tu peux faire 200 euros par jour. Tu prends 40 euros de bénéfice sur la cartouche. »

Et ses clients sont étudiants, salariés, précaires, chômeurs … Comme Paul qui explique qu’il n’a pas toujours assez d’argent pour acheter un paquet. « Ça devient cher, je sais que ça va passer à 10 euros », dit-il.

•• « Toulouse est pour nous la capitale du marché parallèle, avec Paris malheureusement. 

« … Si on n’arrive pas à arrêter les trafiquants, il faut aller au plus près du consommateur » suggère Philippe Coy, « lui dire qu’il nuit au portefeuille de l’État, qu’il nuit à son commerce de proximité, qu’il nuit encore plus à sa santé. »

« On a l’impression que l’État s’accommode de ce marché parallèle » comme on s’achète une paix sociale fait remarquer France Info.