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18 Nov 2017 | Profession
 

« Tous les étés, depuis six ans, je descends en Espagne pour passer des vacances et je m’arrête au Perthus (à la frontière franco-espagnole, ndlr) pour ramener dix ou vingt cartouches. Je fume un parquet par jour. Je n’ai pas les moyens de sortir 50 euros par semaine pour des clopes. Ça me coûte deux fois moins cher d’aller à l’étranger. »

Ce témoignage d’un habitant d’Yssingeaux, publié dans Le Progrès de ce vendredi 17 novembre, témoigne des conversations que l’on peut surprendre chez les buralistes de Haute-Loire actuellement.

•• Que les consommateurs de tabac arrêtent en masse ? Les buralistes n’y croient pas. « Oui, certains vont réussir à diminuer ou à arrêter totalement, mais la plupart s’approvisionneront simplement ailleurs », affirme Martine Jouve, présidente de la chambre syndicale des buralistes du département. « Bientôt, ce n’est plus de la drogue que les gens vendront dans la rue, ça sera des cigarettes ! », s’agace une buraliste du Puy-en-Velay.

•• Les douanes aussi s’attendent à une recrudescence du marché noir. « On a de nouvelles mesures pour 2018-2019, notamment pour améliorer le ciblage des petits colis. On fera davantage d’actions coup de poing et, surtout, on surveillera les flux financiers », énumère Denis Bertuit, chef du pôle d’orientations des contrôles à la Direction régionale des Douanes de Clermont-Ferrand. Si les autorités tentent de freiner les achats illégaux des particuliers, elles luttent également contre ceux qui font un véritable trafic et en tirent des revenus, reprend-t-il. Certaines mesures pourraient « significativement » faciliter la tâche des douanes : « la France essaye d’obtenir une harmonisation des prix au niveau européen », indique Denis Bertuit.