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13 Nov 2017 | Profession
 

•• Pour Patricia Lavolo (présidente de la chambre syndicale des buralistes de la Mayenne), plutôt que d’augmenter les taxes sur les paquets … il vaudrait mieux s’attaquer au marché noir, au marché parallèle.

« Notre département est un des plus touchés de la région par le trafic. Il y a beaucoup de routiers qui ramènent des cartons de cigarettes, et certains ne s’en cachent même pas. Nous avons demandé à la Douane d’intervenir plusieurs fois dans des entreprises, car il y avait de la revente, notamment dans les CE ».

Dans ce reportage de France Bleu, diffusé ce 11 novembre, les fumeurs sondés ne semblent pas être perturbés par la nouvelle augmentation de ce 13 novembre.

« Pour arrêter de fumer, il faut en avoir l’envie. Et moi je ne l’ai pas. Et là, les 30 centimes ne sont pas significatifs » explique Sylvain. « Cela ne sert à rien d’augmenter le prix du paquet car vous pouvez aller dans les grandes villes trouver des cigarettes de Pologne, d’Algérie sur le marché parallèle » déclare Saïd.

Ce que confirme Pascal, buraliste à Laval : certains Mayennais n’hésitent pas à aller à Angers ou Paris pour s’approvisionner. Dépité par la nouvelle augmentation de lundi, il admet qu’ « en tant que buralistes nous ne pouvons pas tout le temps manifester… ».

•• À Tourcoing, c’est la lassitude selon La Voix du Nord de ce samedi 11 novembre. Avec la Belgique à proximité, difficile de rivaliser, même si les prix y ont augmenté.

« Deux clients sur trois achètent leurs cigarettes ailleurs qu’en France. On le voit bien à leurs paquets, qui ne sont pas noirs. Il faut être réaliste : en Bretagne, ils vont moins ressentir les effets de la hausse que nous qui sommes frontaliers. », constate Franck Laffez, un buraliste. Les fumeurs viennent dans son établissement pour « se dépanner ».

Pour Jean-Daniel Russier, autre buraliste, la hausse du prix n’est pas la solution : « ça reste une politique dure pour nos collègues, surtout pour les frontaliers (…) tant qu’il n’y aura pas d’harmonisation avec les autres pays européens, la lutte contre le tabagisme sera inefficace. Ça va baisser les ventes en France et faire exploser celles des pays frontaliers. La contrebande risque d’augmenter, et il n’y aura pas d’impact sur la santé publique. »

Et pourtant, ses propres affaires marchent : « le nombre de bureaux de tabac ne cesse de baisser », souligne-t-il, « ceux qui restent vendent plus. C’est ce qu’on appelle le phénomène de concentration. »