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5 Nov 2017 | Profession
 

Pour le président départemental de la chambre syndicale des buralistes du Territoire de Belfort, Christophe Vogelbacher, la prévention anti-tabac est nécessaire. Et le « Moi(s) sans tabac », il est pour. L’an dernier, il a même distribué des kits à des clients. 

En revanche, il considère que « l’augmentation des prix n’a jamais fait baisser la consommation. La preuve, en Allemagne, les prix ne montent pas fortement et la consommation des jeunes baisse. » Et d’ajouter dans L’Est Républicain (édition du 4 novembre) : « quand un camion de cigarettes de contrebande arrive à Belfort, je m’en aperçois tout de suite : la baisse de mes ventes est immédiate. »

•• Il n’en démord pas. Pour le représentant des 42 buralistes du Territoire, la hausse des prix a surtout pour effet de multiplier la vente de cigarettes de contrebande. « Les cigarettes vendues 2,50 euros le paquet en Andorre ou 5 euros en Belgique ne sont pas moins nocives mais leur revente en France représente une perte sèche énorme, pour nous comme pour l’État », relève le buraliste.

« J’ai un collègue dans le secteur qui voit des gars s’installer devant chez lui avec des sacs de cartouches et apostropher ses clients en leur proposant le paquet à cinq euros. Et quand on appelle la police ou les douanes, les gars ont déjà filé. »

•• Se diversifier, Christophe Vogelbacher s’y est investi. « Je fais déjà les e-liquides ; je développe la presse qui, chez moi, marche bien ; la Française des jeux et le PMU, aussi ; les bonbons, pour lesquels il faut se tenir au courant des tendances ; le compte sans banque Nickel ; quelques cadeaux … J’ai pensé à proposer des articles de pêche ou des voitures miniatures, je sais qu’il y a du potentiel. Mais pour cela, il me faudrait plus de place et pour avoir plus de place, il faut de la trésorerie. Les banques ont du mal à nous suivre … »

•• Le président de la chambre syndicale départementale est plus inquiet pour certains de ses confrères que pour lui-même. « Quand j’ai repris, mon établissement avait 180 clients par jour. Nous en avons maintenant 450 à 600. » Le secret ? « Le lien social. Ils viennent acheter une bricole ou valider un jeu et ils discutent. J’ai d’ailleurs beaucoup de clients non-fumeurs » dit-il en jetant un coup d’œil aux cartes postales de vacances épinglées à côté de la caisse. « Ce sont mes clients qui les envoient. »