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15 Oct 2017 | Profession
 

Quelle que soit la génération … La pilule du paquet à 10 euros a du mal à passer chez les buralistes de Montluçon. Comme le relaie La Montagne de ce jeudi 12 octobre.

•• Joël Chaussard, gérant depuis 45 ans d’un tabac-presse

« Cette mesure est ridicule. Les gros fumeurs sont en général des gens à faibles revenus, ça va creuser les inégalités. Là on va rentrer 30 à 40 % de contrebande en plus. C’est mon plus gros poste d’activité avec les jeux, il représente 60 à 70 % de mon chiffre d’affaires. J’avais en plus déjà ressenti une baisse du marché à la fin de l’été. Les buralistes vont être les premiers à en pâtir alors que l’on est l’un des percepteurs principal de l’État, je ne comprends pas ».

•• Pascal Desmaison, à la tête du Brazza depuis 30 ans

« On va inciter les fumeurs à ne plus acheter en France. La solution est de faire plus de prévention dès le plus jeune âge, comme en Allemagne par exemple. Il y a un problème d’addiction trop fort. Chez nous, on a le droit de fumer aux portes de certains collèges, ce n’est pas normal. Le marché va prendre une grosse claque mais c’est les plus pauvres qui en pâtiront encore car la cigarette c’est leur opium. La hausse des prix cassera peut-être un peu le marché au début, mais on reviendra à une consommation équivalente par la suite. Ça fait 30 ans que je fais ce métier, et quand le paquet était passé à 5 euros on disait la même chose… Ce vol d’argent aura des effets pervers, il ne sera pas réinvesti dans d’autres commerces ».

•• Franck Bedu, gérant du Saint-Paul avec sa femme Anita, depuis 3 ans

« Cela va augmenter le commerce extérieur dans des pays comme l’Espagne, la Belgique ou le Luxembourg. Le paquet de Marlboro est par exemple vendu 4,80 euros en Espagne, contre 7 euros en France. La contrebande est fréquente même à Monluçon, car on est un carrefour au centre de la France, beaucoup de routiers passent ici. Pour diminuer la consommation, il vaudrait mieux faire plus de prévention, ou alors, harmoniser les prix à l’échelle de l’Europe. Avec cette hausse des prix, on touchera davantage de commissions, mais on vendra beaucoup moins, donc il y aura de la perte nette. Notre profession est en grand danger car on dépend de l’État ».