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4 Sep 2017 | Profession
 

Présenté avant tout comme une mesure de santé publique, le paquet à 10 euros est aussi une composante du prochain budget. Bruno Le Maire (ministre de l’Économie) et Gérald Darmanin (ministre de l’Action et des Comptes publics) ont déjà fait savoir à la Commission des Finances de l’Assemblée nationale qu’ils attendaient 500 millions d’euros supplémentaires de fiscalité tabac pour 2018 (voir Lmdt du 13 juillet). Et nos comptes publics en ont cruellement besoin.

Seulement, les arbres ne montent pas au ciel. Il y a bien un moment où trop d’impôts tue l’impôt. Et pour le tabac, trop de fiscalité, se traduisant par des prix excessifs, amène inéluctablement à une évaporation des ventes officielles au profit du marché parallèle.

Concrètement, c’est ce qui s’est passé en Belgique.

Début 2016, les taxes sur les cigarettes y ont augmenté de 5 %. Celles sur le tabac à rouler de 21 %. Le gouvernement belge comptant sur un objectif de recettes fiscales, dues au tabac, de 3,238 milliards d’euros.

Fin 2016, la fiscalité tabac n’a rapporté que 3,087 milliards d’euros. 151 millions d’euros de moins que prévu. Et pour l’année courante, on estime que le décalage par rapport à ce qui a été budgété va porter sur la bagatelle de 400 millions d’euros. Des fumeurs belges, ou autres, ont fini par prendre le chemin du Luxembourg.

C’est tellement vrai que le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, a remis lui-même en cause cette hausse de la fiscalité tabac : « Si des accises élevées ont pour effet de diminuer une consommation excessive, je suis le premier à m’en féliciter. Mais si l’on constate que la consommation baisse, mais pas selon les prévisions, et que les recettes fiscales baissent encore plus, il faut alors oser en parler. » (voir Lmdt du 17 juin).