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5 Juil 2017 | Profession
 

« Face à l’inéluctable, les cigarettiers en seraient presque à regretter Marisol Touraine, la prédécesseur honnie d’Agnès Buzyn, qui leur a imposé le paquet neutre mais n’a pas réussi à l’assortir d’une forte hausse prix », parie Ivan Letessier, dans un article du Figaro, au lendemain de l’annonce d’un paquet de cigarettes à 10 euros par le Premier ministre (voir Lmdt des 4 et 5 juillet). Extraits d’analyse.

•• « En effet, les industriels du tabac ne sont plus en mesure de cogérer les prix avec l’administration des Douanes, comme ils l’ont fait de longues années (…) Ce bel ordonnancement a volé en éclats avec la loi Touraine. Désormais, la ministre de la Santé cosigne les arrêtés d’homologation des prix aux côtés de son homologue du Budget.

•• « Et, à Bercy, où le nouveau titulaire du poste, Gérald Darmanin, reste silencieux sur le sujet, on a changé de paradigme : plus question de considérer les recettes fiscales du tabac (14,24 milliards d’euros en 2016) comme un matelas à faire grossir. Désormais, la fiscalité a une visée avant tout comportementale : inciter les fumeurs à arrêter et les adolescents à ne pas commencer.

•• « Avec la forte hausse des prix à venir, les industriels, l’État et les buralistes vont pâtir de la flambée du commerce parallèle et du fort décalage des prix, deux sujets sur lesquels le candidat Macron a promis de s’attaquer (…)

« Même si elle est très loin d’être suffisante, la lutte porte ses fruits : depuis 2012, la contrebande est passé de 15,7 % à 14,8 % du marché. De leur côté, les industriels, qui font de l’harmonisation des prix en Europe leur nouveau cheval de bataille, devraient se réjouir des bonnes relations entre Paris et Berlin, même si le sujet reste très compliqué.

•• « En attendant, les cigarettiers sont résignés. « Notre combat ? Convaincre le Gouvernement de passer à 10 euros le plus lentement possible, plutôt avec une hausse de 50 centimes par an qu’avec une flambée annuelle de 1 euro » confie l’un d’eux ».