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24 Juil 2017 | Profession
 

Suite de notre revue de presse.

Après une première vague matinale (voir Lmdt du 23 juillet), les médias ont rebondi sur les témoignages de buralistes pendant toute la journée du vendredi 21 juillet.

« PAS LÀ POUR CASSER »

« Attention, vous risquez de passer devant des radars automatiques bâchés ce matin ! » À 8 heures, sur France Bleu Picardie, l’animateur du journal interroge Philippe Laveau (président des buralistes de la Somme) qui confirme l’action de ses collègues sur la moitié des radars du département : « on n’est pas là pour casser mais pour nous faire entendre. Il n’est plus possible d’augmenter le prix à 10 euros, comme cela … Tant que l’on retrouve des paquets moins chers de l’autre côté de la frontière. Comme à Andorre où je suis allé manifester il y a quelque mois (voir Lmdt du 20 mars) et où l’on vend des paquets à 2 euros ! »

Au même moment, son collègue Didier Reboulet (président de la fédération Centre, Sud-Est des buralistes) explique sur France Bleu Drôme Ardèche (mais aussi un peu plus tard sur France Inter) comment le paquet à 10 euros va servir d’accélérateur à la contrebande.

« TOUS FRONTALIERS »

Sur France Bleu Pays Basque, c’est au tour de Philippe Coy (président des buralistes de Pyrénées-Atlantiques / Béarn et Soule) d’expliquer les raisons de la mobilisation : « Pourquoi les radars ? Parce que c’est une opération pacifique. C’est aussi un appareil qui récolte de l’argent pour l’État comme nous, les buralistes.

« Mais il y en a marre d’être un levier pour relever l’impôt et en même temps de mettre en difficultés nos commerces de par une politique de prix inappropriée.

« Le Gouvernement veut remettre la pression fiscale,en portant le paquet de cigarettes à 10 euros, mais cela ne fonctionne pas pour le fumeur, puisque l’on peut s’approvisionner ailleurs.

« Le paquet à 10 euros est impossible tant pour les buralistes frontaliers que de toute la France : avec Internet tous les buralistes sont frontaliers ! Nous dénonçons cette politique aveugle, répétée année après année ».

Par ailleurs, CNews se met à parler de l’opération nocturne, en boucle dans tous ses journaux, à partir de 10 heures 30.

« DE VRAIES MESURES DE RESTRICTIONS »

Patrice Soihier (président de la chambre syndicale du Bas-Rhin) s’exprime dans la matinée sur France Bleu Alsace : « c’est toujours la même histoire : à 10 euros le paquet, ceux qui ont envie de fumer iront acheter leur tabac ailleurs qu’en France. Quand vous pensez que 10 000 personnes prennent déjà le tram, tous les jours, pour aller de Strasbourg à Kehl (voir Lmdt du 18 juillet) … On ne peut plus prétendre aujourd’hui faire une politique contre le tabac sans de vraies mesures de restrictions à sa circulation ».

Côté chaînes d’information continue, LCI parle aussi de cette « opération radars » en boucle. Europe 1 l’intègre aussi dans ses journaux.

« S’ATTAQUER AU MARCHE PARALLÈLE »

À midi, Bernard Gasq (président de la fédération des buralistes Ile-de-France / Oise / Seine-Maritime) est interrogé sur France Bleu, dans le cadre du journal national :

• le journaliste : « pourquoi ce mouvement ?

• Bernard Gasq : « nous dénonçons de forte manière le paquet à 10 euros. Ce n’est pas une question de remise en cause de la santé publique, car le problème c’est que les gens peuvent s’approvisionner facilement sur le marché parallèle …

• … le prix, cela peut quand même jouer sur les jeunes …

• B. G. :  « cela peut, mais pas vraiment tant que vous pouvez trouver du tabac ailleurs : dans les rues de certains quartiers, dans des lieux archi-connus comme Barbès ou La Chapelle, sur Internet … Je me suis rendu à la frontière belge, en solidarité avec nos collègues du Nord (voir Lmdt du 9 avril), et j’y ai vu des voitures immatriculées en région parisienne avec des coffres pleins de pots et seaux a tabac.

« Plutôt que de passer au paquet à 10 euros, il faut s’attaquer au marché parallèle avec la traçabilité que l’on pourrait mettre sur le paquet et permettrait de sanctionner les malfrats qui vendent du tabac dans la rue, à la sauvette ».

« DEUX MESURES »

Dans son édition de midi trente, la rédaction d’Europe 1 donne la parole à Pascal Montredon : « c’est un appel au secours. On a déjà à peine eu le temps de sortir la tête de l’eau … et je pense au paquet neutre qui est une mesure inefficace en termes de santé … que l’on nous en remet une couche avec le paquet à 10 euros.

« Nous proposons deux mesures : la mise en place d’un plan d’ensemble contre le marché parallèle ; et le rétablissement de frontières pour entraver la circulation du tabac ».

Au même moment, France Inter passe un reportage sur l’action des buralistes en Corrèze.

«  MAINTENIR LA PRESSION … »

Toujours en ce milieu de journée, Jean-Luc Renaud (secrétaire général de la Confédération) est interviewé sur France Info :

• Journaliste : « vous allez maintenir la pression ? »

• Jean-Luc Renaud : « on va maintenir la pression. La ministre de la Santé nous a parlé d’arbitrages à venir (voir Lmdt du 19 juillet). Mais ce qui s’est passé cette nuit montre que le réseau est très sensible à la situation.
« Avec le marché parallèle au niveau actuel, il est courant que les gens ramènent de 20 à 50 cartouches de la frontière … du tabac que l’on retrouve ensuite à la sortie des lycées ».

• « Mais il n’y a pas de marge de manœuvre, vous dites non à toute hausse à 10 euros ? »

• J-L Renaud : « Dans les conditions actuelles, oui. Et l’on se battra très fermement.  Mais si cela devait arriver dans le cadre d’une harmonisation européenne, comme évoqué par le candidat Macron (voir Lmdt du 3 mars), pourquoi pas ? Mais avec le paquet neutre, on nous avait dit que l’Europe allait suivre, ce qui n’est pas le cas. Donc, nous sommes très inquiets ».

• « On a bien compris que des actions allaient se poursuivre cet été ».

«  CATASTROPHIQUE »

Dans son journal de la mi-journée, France 3 Poitou-Charente diffuse un reportage sur la visite nocturne de buralistes à divers radars de l’agglomération de Royan. Déclaration de Jacky Révillé (président de la fédération des buralistes de l’Ouest) : « on doit déjà supporter l’arrivée du paquet neutre qui est une vraie galère pour travailler au quotidien. Le paquet à 10 euros, ce serait catastrophique avec ce que représente déjà le marché parallèle : 30 % des collègues  pourraient baisser le rideau ! ».

Par ailleurs, M6 diffuse, dans son journal de la mi-journée, des images de buralistes gardois en pleine action.

«  J’ESPÈRE QU’IL VA COMPRENDRE »

France Bleu Sud-Lorraine donne la parole à Hervé Garnier (président de la chambre syndicale des buralistes de Meurthe-et-Moselle) : « avec les radars, on s’attaque au symbole de l’État, sans pénaliser le consommateur. Avec le paquet à 10 euros, en fait, le Gouvernement s’attaque fort aux buralistes. J’espère qu’il va comprendre ».

«  PAS POSSIBLE »

« Le paquet à 10 euros, ce n’est pas possible … » renchérit Claudine Mora (présidente des buralistes basques) – sur France Bleu Pays Basque, en début d’après-midi – « … dans la situation où nous sommes déjà par rapport à l’Europe. Les fumeurs vont continuer à aller chercher ailleurs. En Espagne, il y a des paquets 2 euros moins chers. Et après? On va passer à 15 ? À 20 euros ? C’est le logiciel de la politique de Santé qu’il faut changer ».

«  NOS CLIENTS »

Au micro de France Bleu Bourgogne, Martine Richard (présidente des buralistes de l’Yonne) : « 27,1 % de marché parallèle : c’est ce que le Gouvernement ignore. Il s’agit, de notre part, d’un coup de semonce. Il ne faut pas que la politique gouvernementale en la matière se fasse n’importe comment. Notamment au détriment de nos clients fumeurs ».

«  PAS BON POUR LA SANTÉ PUBLIQUE »

– Dans l’après-midi, CNews diffuse, en boucle, une interview de Fréderic Vergne (président des buralistes de Corrèze) : « à l’évidence, le paquet à 10 euros serait une catastrophe économique pour nous mais aussi sur le plan de la santé publique. Le marché parallèle pourrait passer à 50 % : soit autant d’achats à l’étranger, sur Internet ou dans la rue, ce n’est pas bon pour la santé publique ».

« LE SYMBOLE DES RADARS »

Sur France Bleu Périgord, Laury Massedre (présidente des buralistes de Dordogne) confirme que « les consommateurs du département vont déjà en Espagne. Le paquet à 10 euros va accélérer le phénomène. C’est une décision du Gouvernement. C’est pour cela que nous nous en prenons à ce symbole que représentent les radars ».

«  PROVOCATION »

Ghislaine Mazoyer (présidente des buralistes du Gard) s’exprime, ce jour là, auprès de trois médias : M6, France Bleu Languedoc et Le Midi Libre.

«  Nous voulons protester contre le paquet à 10 euros, un projet annoncé juste avant les vacances, au moment où le passage aux frontières est maximum, sans aucune concertation avec la profession. C’est une véritable provocation. S’ils veulent vraiment faire baisser le tabagisme qu’ils commencent à établir un grand plan de lutte contre le marché parallèle au lieu de chercher à nous faire disparaître ! ».

«  COORDINATION » 

En fin d’après-midi, Laurent Mazal (président des buralistes de la région Auvergne-Forez) égrène, sur France Bleu Pays d’Auvergne, le bilan de l’opération dans sa région mais aussi les composantes d’un grand plan de lutte contre le marché parallèle : « moratoire sur les prix ; coordination entre forces de l’ordre et magistrature ; opérations coups de poing » etc.  « Il y aura d’autres actions … moins conviviales » prévient-t-il.

« SUR LA TABLE »

Sur France Bleu Océan, Philippe Glory (président des buralistes de Loire-Atlantique) : « on voulait taper du poing sur la table. Ici, on nous impose le paquet à 10 euros alors qu’en Belgique, le ministre du budget veut baisser la fiscalité  tabac ! » (voir Lmdt du 17 juin).

INFOS RÉGIONALES

Le sujet fait également l’objet de reportages le soir dans les journaux régionaux de France 3. Avec l’intervention d’autres représentants des buralistes : Jacques Héry (Aisne), Fred Roland (Doubs), etc.

Voilà un aperçu de la couverture médiatique – cette impressionnante revue de presse – consacrée à l’événement, ce vendredi 21 juillet.

Sachant que la répercussion dans les journaux régionaux, le samedi 22, a été non moins importante. Par exemple, un grand titre en une de DNA. Et de nombreux articles … de L’Union à Sud-Ouest.

À suivre.