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26 Août 2019 | Profession
 

La disparition des buralistes n’est pas une fatalité. Le maire de Saint-Flovier (600 habitants, à une vingtaine de kilomètres de Loches, Indre-et-Loire) a pris le taureau par les cornes lorsque le buraliste, Dominique Charpentier, a décidé, après quarante-cinq années de bons et loyaux services, de quitter son établissement.

« On a racheté le bâtiment pour 65 000 euros, sachant qu’il n’y aurait jamais de retour sur investissement. On s’est aussi beaucoup battu pour que les banques accordent un prêt au repreneur » détaille-t-il dans La Nouvelle République (23 août)

•• En effet, la décision s’apparentait à une gageure. « Oui, mais on a bien une maison médicalisée installée dans l’ancien bureau de poste. Elle comprend plus de médecins généralistes que n’en dispose le chef-lieu de canton voisin de Châtillon-sur-Indre » réplique l’édile.

Saint-Flovier est bien desservi par la route. C’est un lieu de passage et on s’y arrête parce qu’on sait qu’on ne trouvera pas de commerces à proximité plus loin.

•• C’est particulièrement vrai pour les fumeurs. Alors, en avril dernier, Karine Moriet a franchi le pas : « j’ai toujours été dans le commerce, mais en qualité de salariée. Je voulais prendre une affaire à mon compte ». Pour pérenniser l’établissement, la nouvelle buraliste fait feu de tout bois : « on avait déjà le grattage, j’ai obtenu le Loto début juin, mais on vend aussi du charbon de bois, du terreau, des bijoux, des écharpes. »

Le maire a accordé une « petite licence » pour vendre des boissons fraîches sur une terrasse. « L’an prochain, elle pourrait avoir l’autorisation de vendre de la bière.

•• Rester buraliste en zone rurale est donc possible. Mais cela n’est pas toujours évident. Dans le département, dix buralistes ont fermé en 2018 (sur 270) six étaient situés à la campagne.

« En ville, il s’agit souvent d’un problème de gestion ; ailleurs, c’est la rançon de la désertification rurale » ajoute Mathieu Meunier (président de la chambre syndicale des buralistes d’Indre-et-Loire) toujours dans La Nouvelle République.  Depuis dix ans, il tient un commerce à Sainte-Catherine-de-Fierbois.

« On a pu le maintenir, voire le développer, en élargissant la gamme des prestations offertes – cigarettes électroniques, dépôt de pain, boissons fraîches – mais en 2019, c’est de nouveau la campagne qui « trinque » avec des fermetures à Cussay et au Liège ». Même si les deux cas ne sont pas tout à fait comparables, comme il l’a déjà expliqué (voir Lmdt du 13 août).

•• En juin dernier, lors de l’assemblée départementale des buralistes, Philippe Coy expliquait que la profession était en train de développer son plan de transformation avec, peut-être à terme, des ventes de billets de train, la mutation des cartes grises ou le paiement, en espèces ou par carte bancaire des impôts et amendes, conclut La Nouvelle République (voir Lmdt du 18 juin).  Depuis, diverses annonces lui ont donné raison.