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2 Jan 2019 | Trafic
 

Hervé Natali (Responsable des Relations territoriales de Seita / Imperial Brands) est revenu sur sa perception du marché parallèle du tabac dans La République du Centre du 26 décembre.

Il y fait le point sur quelques « particularités » orléanaises, loin des frontières … Extraits.

•• Orléans est parfois évoquée comme un carrefour de la contrebande de tabac, de par sa proximité avec l’autoroute A10. Est-ce le cas ?

Hervé Natali : Ça reste toujours d’actualité. Il y a notamment le problème des poids lourds qui viennent charger et décharger autour d’Orléans. Mais il y a des fluctuations.

En France, une cigarette sur quatre (24,7 %) n’est pas issue de chez le buraliste. Pour Orléans, notre étude tablait sur 15,7 % du tabac acheté en dehors du circuit des buralistes au cours du 2 ème trimestre de 2018. En sachant que lors du dernier trimestre de 2017, cette statistique était de 9,8 %. C’est donc très fluctuant.

La spécificité orléanaise se situe en termes d’allers-retours au regard des plateformes spécifiques qui se trouvent dans la région. La vente durant le soir, à l’arrière des camions sur les parkings, ça …c’est très orléanais.

•• Le paquet de tabac coûte en moyenne 8 euros ? Ce tarif est prévu à 10 euros pour novembre 2020. Ces prix ont-ils un réel impact sur le trafic ?

H. N. : Inévitablement. On sait que la fiscalité fait le trafic, car on touche au portefeuille des consommateurs. On arrive sur des prix qui leur laissent trois choix.

Soit ils arrêtent de fumer. Soit ils se mettent à des produits de nouvelle génération comme le vapotage. Soit ils prennent la décision de s’approvisionner sur le marché parallèle.

Et n’oublions pas le fret postal et internet pour ce dernier point. Il y a même des gens qui poussent le vice à aller chercher ce tabac de contrebande directement par colis chez un buraliste.  Il y a donc aussi un vrai problème comportemental.

•• Le manque à gagner est-il important pour les buralistes ?

H. N. : Le volume de tabac livré pour l’année 2018 a globalement baissé de 10 %. Les buralistes compensent cette baisse de volume par un prix plus important. Mais le client qui venait pour faire un loto ou prendre un café après avoir acheté son tabac et qui ne viendra plus …c’est du chiffre d’affaires que l’on ne rattrapera jamais.

•• Y a-t-il aussi du trafic au niveau des produits du vapotage ?

H. N. : Si vous m’aviez interrogé il y a une semaine, je vous aurais dit que je n’en avais pas connaissance. Mais entre-temps, j’ai été informé que deux usines faisant de la contrebande ont été démantelées à Naples. On peut penser que l’on est aux prémices d’un trafic de cigarettes électroniques ou d’e-liquides. S’il y a de l’argent à faire, généralement, les trafiquants ne sont pas très loin.