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5 Déc 2019 | Trafic
 

Comment Douane et buralistes collaborent pour freiner le marché noir … Un reportage du Parisien dans l’Oise. Extraits. 

Fraîchement élu à la tête de la Chambre syndicale des buralistes de l’Oise, Serdar Kaya (buraliste à Compiègne) estime que ses confrères et lui-même pourraient gagner entre 5 et 10 % d’activités sur le tabac s’il n’y avait pas de trafics.

« On pourrait engager des travaux de modernisation ou bien s’accorder un jour de repos dans la semaine » souligne-t-il, « lorsque le paquet de cigarette va passer à 10 euros, je crains le développement du marché parallèle. »

•• « Les gens pensent souvent qu’ils n’ont rien à craindre s’ils ne transportent pas de drogue » souligne Philippe Marnat, directeur régional des douanes de Picardie (photo). « Mais le tabac, c’est grave aussi ! C’est un délit. »

« On a une tolérance zéro » prévient-il. « Nous sommes présents sur tous les vecteurs. On adapte nos dispositifs et nos méthodes en fonction de la perception de la menace, en ajustant nos horaires ou la taille de nos équipes. »

•• « Ce sont des délits qui empoissonnent notre profession » s’agace Philippe Coy. Alors, bien souvent, la chambre syndicale des buralistes de l’Oise se porte partie civile au tribunal.

Mais le service des douanes attend plus de leur part. « Les buralistes peuvent avoir des informations qu’il faut nous faire remonter » insiste Philippe Marnat. « Des fois, on voit des gens vendre dans la rue » soupire un buraliste oisien. « Ce sont des éléments intéressants à obtenir » assure le patron des douanes.

En 2019, 39 signalements de buralistes ont ainsi été enregistrés par les services des douanes dans l’Oise, l’Aisne et la Somme. Soit 17 de plus qu’en 2018. « Plus c’est précis et mieux c’est » ajoute Philippe Marnat. Grâce à eux, 21 dossiers sont en cours d’investigation.

« Ce n’est pas notre boulot mais nous sommes obligés d’en arriver là car il est question de notre gagne-pain » conclut Serdar Kaya.

•• Au global, depuis le début de l’année, 2,4 tonnes de tabac ont été saisies dont près de 1,1 tonne de cigarettes. Un chiffre en hausse par rapport à 2018

Les axes routiers, en particulier l’A1, sont un vecteur vers lequel convergent les trafics destinés au marché national. Près de 75 % des saisies douanières ont été effectués sur les routes du département.

Depuis deux ans, l’aéroport de Beauvais fait aussi l’objet d’une surveillance accrue. Les vols low-cost représentent une opportunité pour les filières des pays de l’Est. Plus de 420 kilos de tabac y ont ainsi été saisis cette année. Une brigade dédiée devrait voir le jour au sein de l’aéroport dans les mois à venir.

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