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28 Jan 2020 | Observatoire
 

Dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Bordeaux ou Toulouse – mais aussi dans des villes de taille plus moyennes, du type Nancy, Châtellerault ou Forbach – plusieurs candidats aux élections de mars prochain promettent de chasser les voitures de certaines rues.

Les villes les plus piétonnes (comme Montpellier, Nantes et Strasbourg, citées en exemple) n’ont pour l’instant converti que 2 à 3 % de leur voirie. Et, selon les acteurs concernés, de telles mesures doivent s’accompagner d’une réflexion globale sur la mobilité et d’une consultation avec les commerçants et les habitants, selon un dossier des Échos.

•• Il s’agit d’un changement complet par rapport aux dernières élections municipales de 2014, où au contraire la vie de l’automobiliste était facilitée. Par exemple, l’accessibilité aux centres-villes, avec des maires qui y baissaient le prix des parkings.

Avec une idée toute simple derrière la tête : si on ne peut pas se garer en centre-ville, on n’y va pas, et on fait ses courses dans les zones commerciales.

•• « C’est un sujet qui monte en puissance dans l’agenda politique, et c’est une bonne chose en termes de pollution, d’émissions de gaz à effet de serre, de bruit, de santé publique et aussi d’attractivité du territoire » affirme, dans Les Échos, Élodie Barbier Trauchessec, animatrice Mobilités émergentes à l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Énergie (Ademe).

Le mouvement s’est ainsi accéléré à Marseille, avec la piétonnisation de la Canebière, et à Lyon, avec une expérimentation menée fin 2019 dans la Presqu’île.

•• Mais il faut repenser l’urbanisation. Le centre-ville doit être petit, ramassé, piéton, avec beaucoup de commerces. Et juste à l’entrée de cette zone piétonne, de vastes parkings accessibles, où l’on peut facilement se garer. Et là, ça marche, les habitants reviennent.

Parmi les exemples de réussite, la Caisse des Dépôts qui pilote l’opération Cœur de Ville pour faire revivre les centres-villes parle de Sarreguemines en Lorraine qui serait devenu un vrai petit bijou. Mais Rodez est également citée, tout comme Arras, où l’on voit revenir dans le centre-ville les habitants et des touristes.

Car, du coup, tout un héritage culturel qui revit. Et, à la clé, une nouvelle fierté de vivre dans sa ville.

•• « On note aujourd’hui un engouement des Français pour le centre-ville. Il semble nécessaire de piétonniser des rues dans les grandes villes ou les villes moyennes. Après, il y a un bon équilibre à trouver » estime Pierre Creuzet, directeur fondateur de Centre-Ville. Il plaide pour une consultation préalable auprès des commerçants, des professions libérales et des habitants.

« La piétonnisation au coup par coup, cela ne marche pas. Il faut absolument penser un parcours piéton, avec des animations, des cheminements sur le sol avec des peintures ou un linéaire de vitrines cohérent » insiste Jean-Pierre Lehmann, président des Vitrines de France, une association qui œuvre à la conservation du commerce en centre-ville.

•• Autre impératif, selon Élodie Barbier Trauchessec, la démarche s’inscrit forcément dans une politique de mobilité plus globale.

« C’est un sujet qui, à notre sens, doit trouver sa place au niveau intercommunal. Quand une commune piétonnise son centre-ville, il y a inévitablement des effets de bords sur les communes limitrophes » estime, de son côté, Olivier Crépin, conseiller Économie et Mobilités à l’Assemblée des Communes de France (ADCF).