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18 Avr 2021 | Observatoire
 

La crise sanitaire accélère la convergence entre monde physique et Internet, également dans le secteur des casinos. Lesquels voient bien comment les activités numériques de la Française des Jeux et du PMU ont profité d’un effet report en raison de la fermeture de nombreux points de vente. Une analyse des Échos.

« Tout le monde planche sur le sujet, a conscience qu’il faut en être. Il y a eu une amplification du développement du jeu en ligne avec la crise sanitaire » commente un connaisseur du secteur. Certains groupes sont déjà à pied d’œuvre (voir 21 et 19 mars).

•• La montée en puissance dans le « online » est l’un des sujets de la nouvelle direction de la stratégie & du développement du groupe Barrière, numéro un des casinos en France. « Le Covid est un accélérateur du changement » observe le directeur de l’activité jeux en ligne de Barrière, Stéphane Auffret, qui supervise la nouvelle plateforme Barrière Bet.

Lancée en septembre, elle marque le retour du groupe dans l’univers numérique, après une coûteuse tentative dans le poker en ligne lors de la libéralisation du marché des jeux d’argent et de hasard sur Internet en 2010.

Cette fois-ci, Barrière est reparti avec une offre de paris sportifs dans le cadre d’un partenariat avec le fournisseur de technologies arménien BetConstruct, également partenaire de Groupe Partouche, le numéro deux français, pour son site PasinoBet. Et Barrière a déjà annoncé élargir cette année son activité au poker et aux paris hippiques sur Internet avec son partenaire. Pour ces derniers, l’offre pourrait passer par un accord entre BetConstruct et ZEturf, principal concurrent du PMU sur la toile.

Dans l’immédiat, le patron de Barrière Bet a hâte que les casinos rouvrent, afin de pouvoir mettre en œuvre sa stratégie d’« expérience croisée ». « Avoir des casinos est un gros facteur de différenciation » souligne Stéphane Auffret.

•• Une stratégie que mène déjà Joa, le troisième groupe français de casinos, dont le réseau s’est significativement étendu ces dernières années. « La crise sanitaire n’a fait que conforter notre vision, et on a hâte de pouvoir ouvrir nos casinos, car nous pourrons accélérer en combinant off et online. Nous faisons 5 millions d’entrées dans nos établissements par an, soit 5 millions de contacts pour faire de la promotion », explique le président du directoire de Joa, Laurent Lassiaz.

Si l’activité paris sportifs en ligne de Joa connaît « une croissance exponentielle », « elle est loin de compenser la fermeture des casinos » reconnaît son dirigeant. Elle ne génère encore que 3 millions d’euros de revenus en base annuelle, soit de l’ordre de 1 % des revenus du groupe.

Barrière affiche de son côté une ambition modeste : « réaliser 1 à 1,5 % du produit brut des jeux », précise Stéphane Auffret.

•• Pour autant, ces objectifs pourraient être revus à la hausse avec l’amplification du recrutement et le succès espéré de cette « expérience croisée ». Surtout, les exploitants de casinos plaident pour la reconnaissance du … casino en ligne, de jeux autres que le poker donc, de type machines à sous.

Considéré comme très addictif, le casino en ligne est interdit en France, mais l’offre illégale prospère.

Les opérateurs proposent de l’encadrer par une offre légale qui serait adossée à l’activité de casino traditionnelle, comme en Belgique ou en Suisse. Actif dans la Confédération helvétique, Partouche y exploite déjà un site de casino en ligne. Barrière en a fait la demande.