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19 Mai 2020 | Observatoire
 

Malgré trois années de croissance consécutive (voir 24 février) et une communication qui se veut tonitruante, le marché des jeux d’argent en ligne n’a pas été l’eldorado annoncé par les experts en 2010, analyse Le Figaro (édition 12 mai). 

Significatif : dans l’euphorie de son ouverture, le marché a vu une quarantaine d’opérateurs se lancer; ils ne sont plus que treize.

•• Les paris sportifs se font certes beaucoup sur internet, comme le poker. Mais globalement les Français vont encore peu sur internet dès qu’il s’agit de jouer : les jeux d’argent en ligne ne représentent encore que 11,6 % du PBJ (Produit brut des Jeux) du secteur.

L’essentiel des paris se fait toujours en point de vente : la FDJ en compte 30 000 ( dont une grosse majorité de buralistes ) et le PMU, 13 200. Ces deux poids lourds du jeu en France ont toujours un monopole sur leurs réseaux physiques. Une autre donne explique la faible part d’internet dans les jeux d’argent : l’offre y est très restreinte par rapport à l’ensemble du secteur (loterie, jeux de grattage, machines à sous …).

•• De plus, la fiscalité est lourde. « En Espagne, il y a 37 opérateurs de jeux d’argent en ligne » souligne Hervé Schlosser, président de France Paris. « En France, la plupart des opérateurs sont rentables, sinon ils ne seraient plus là. Mais leur rentabilité est l’une des plus faibles d’Europe, à cause du niveau record de taxes. »

•• « En France, internet n’a capté que 11 % du marché des paris hippiques, contre 30 % en Grande-Bretagne » précise Emmanuel Rohan Chabot, fondateur de Zeturf, « la taxation des mises, en moyenne trois fois plus élevée en France qu’en Europe, a dissuadé les opérateurs de se lancer. »

•• Trois leaders (Betclic, Wina-max, Unibet) se distinguent sur le pari sportif ; deux en paris hippiques (PMU et, dans une moindre mesure, Zeturf), et deux (Wina-max et PokerStars) en poker. Le PMU, qui réalise 10 % de son activité sur internet (avec paris hippiques, sportifs et poker) est archi-leader dans les paris hippiques en ligne, avec environ 80 % de part de marché.

En revanche, la FDJ est dépassée par Wina-max, Beltclic et Unibet dans les paris sportifs. Elle s’était lancée dans le poker avec le groupe lucien Barrière. Faute de rentabilité, leur coentreprise a cessé son activité en 2013.

•• Les jeux de casino sont, eux, toujours interdits sur internet. Pourtant, ils existent : de nombreuses sociétés étrangères en proposent aux Français. En 2019, l’Arjel, qui traque l’offre illégale, a obtenu le blocage de 227 sites illégaux.

En prenant pour référence la dépense moyenne annuelle par joueur (450 euros) sur le marché agréé, l’Autorité évalue ce marché illégal à 300 millions d’euros. Seule une loi pourrait l’autoriser. Mais elle n’est pas prévue, malgré la nouvelle régulation du secteur cette année.

•• À l’exception des casinos et des cercles de jeux, l’ANJ (Autorité nationale des Jeux) deviendra le nouveau régulateur, doté d’un pouvoir de sanctions. Son entrée en vigueur, prévue début janvier, devrait se faire dans les prochaines semaines, après la publication d’un décret nommant sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin, ancienne présidente de la Cnil (voir 3 octobre 2019).