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27 Déc 2020 | Observatoire
 

Contrasté … le marché des jeux en cette période de pandémie. Pour les casinos, ce n’est pas terrible. Selon l’organisation patronale Casinos de France, l’activité a globalement baissé de 24,5 % au cours de l’exercice 2019-2020 des opérateurs (s’arrêtant bien souvent en octobre).

Et 2020-2021 est déjà marqué par deux mois d’arrêt avec le prolongement de la fermeture des établissements.

Alors que les professionnels tablaient sur une reprise de leur activité le 15 décembre et les vacances de fin d’année pour repartir de l’avant, le Premier ministre a douché tous leurs espoirs en renvoyant à janvier l’éventuelle réouverture de leurs établissements, annonce Les Échos.

•• « Les fêtes de fin d’année sont un moment important pour nos entreprises. C’est quasiment notre treizième mois. La période est surtout porteuse pour nos activités annexes au jeu, la restauration principalement. Le public n’est pas le même, ce n’est pas seulement les habitués des casinos » rappelle le président de l’organisation patronale, Jean-François Cot.

•• De fait, le Covid-19 a stoppé net le cycle de croissance dont bénéficiait le secteur depuis 2015 (voir 5 février et 21 juillet).

Selon le président de Casinos de France, « la tendance pour 2019-2020 est à une baisse de 4,5 % du PBJ » (ndrl : le produit brut des jeux, lequel correspond au chiffre d’affaires réel des exploitants puisque constaté après les gains des joueurs). Une chute sans précédent.

La fréquentation est même plus marquée, en recul de 27,5 %, précise Jean-Pierre Cot. Groupe Partouche, le numéro deux du secteur – derrière Barrière – a récemment annoncé avoir accusé une diminution de près de 22 % de son PBJ au terme de son exercice 2019-2020, à 525,7 millions d’euros, sachant que ce total intègre ses activités à l’étranger et sur Internet.

•• Pour l’ensemble du secteur, l’année avait globalement bien commencé après un exercice 2018-2019 enthousiasmant , le meilleur depuis onze ans avec un PBJ total de 2,42 milliards d’euros.

Pour certains établissements, ainsi que les clubs de jeux parisiens, l’impact de la crise sanitaire est d’autant plus sévère qu’au premier confinement, il faut ajouter la chute du tourisme international et des fermetures administratives dans de grandes agglomérations à partir de la fin septembre.

•• La paralysie du secteur des casinos, qui tranche avec la vitalité des jeux d’argent sur Internet et la croissance retrouvée de la Française des Jeux et du PMU, a aussi des répercussions sur les communes par le biais de la fiscalité.

« On ne se rend pas compte de l’imbrication des casinos dans la ruralité », souligne Romain Tranchant, le président du groupe éponyme, quatrième acteur national, qui accuse un repli de son PBJ de l’ordre de 25 % (202 millions d’euros pour 2018-2019).

« Pour les villes thermales, c’est même la double peine, avec la fermeture des thermes, des restaurants. D’une manière générale, il n’y aura pas de retour à la normale avant 2022 », ajoute-t-il.

•• Afin d’atténuer le choc, le Gouvernement a décidé qu’une partie des recettes fiscales perdues par les communes est prise en charge par l’État.