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19 Fév 2020 | Observatoire
 

En forte hausse de 41 % sur un an en 2019, les ventes en vrac ont atteint 1,2 milliard d’euros, hors taxe, dans les produits de grande consommation n’incluant pas le frais, selon Réseau Vrac l’association regroupant les acteurs du secteur.

Quelque 40 % des foyers français y ont eu recours en 2019 contre 37 % en 2018, selon Nielsen.

À l’heure où les consommateurs se disent de plus en plus allergiques à l’inflation des emballages, surtout en plastique, le marché pourrait grimper à 3,2 milliards en 2022, selon Les Échos.

•• Les ventes sont réalisées pour moitié par les grandes surfaces alimentaires, les points de vente bio comptant pour 45 % et les spécialistes du vrac pour 5 %.

Le nombre de ces derniers progresse vite. Ils sont passés de 236 en 2018 à 400 en ce début d’année d’après l’association.

Des boutiques vendant du vrac non alimentaire commencent à s’ouvrir comme The Naked Shop, commercialisant cosmétiques et produits d’entretien avec des machines affichant en direct le prix à payer.

Signe de l’ébullition de cet univers, Day by day, le premier réseau d’épicerie en vrac, né en 2013 et comptant 59 magasins, a vu le nombre de candidats à la franchise exploser. L’an dernier, ils étaient 1 300 pour 14 ouvertures réalisées. L’enseigne cherche aussi à se développer en périphérie et a ouvert un « shop in shop » dans un hypermarché Cora.

•• Les grandes enseignes suivent le mouvement. Auchan puis Franprix ont été précurseurs. Intermarché a élargi le rayon dans son nouveau concept. Carrefour a équipé 1 000 magasins avec 150 références distribuées par quatre entrepôts dédiés. L’accent est mis sur le bio.

•• Le développement du secteur va s’appuyer sur un cadre réglementaire assoupli. La Loi sur la Lutte contre le Gaspillage et l’Économie circulaire, adoptée fin janvier, prévoit d’inscrire dans le code de la consommation une définition du vrac mais aussi le principe de la libre commercialisation des produits « sauf motif de santé publique ».

Cela va permettre, le temps d’une adaptation des cahiers des charges, de proposer des aliments bénéficiant d’une AOP ou d’une IGP, jusque-là impossibles à vendre en vrac.

•• Les oléagineux et les fruits secs sont les plus consommés en vrac, suivis des légumineuses, des graines et céréales, du riz, des pâtes et du sucre. Les biscuits viennent ensuite.

Day by day prévoit de déployer d’ici à l’été la vente de yaourt au poids dans certains magasins, après le succès du test réalisé l’an dernier avec la marque Faire Bien du Groupe Danone.

Le Monoprix de la rue Saint-Maur à Paris propose, lui, déjà des cocktails à emporter dans son propre contenant ou de la pâte à tartiner à confectionner à la minute en choisissant le niveau de broyage des noisettes.

•• Un travail sur les filières est également en cours. Day by day, qui vend 70 % de produits français, a ainsi remplacé le quinoa d’Amérique du Sud par celui du Berry. Quant aux grands industriels, ils commencent à s’intéresser au créneau. L’Oréal y réfléchirait.

En Grande-Bretagne, Asda prévoit d’ouvrir un magasin où des céréales de Kellogg’s et des thés d’Unilever seront vendus au poids.