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20 Juin 2016 | Observatoire
 

Amazon prime nowDe quoi faire réfléchir sur le rythme auquel les évolutions arrivent, désormais … Car c’est un coup de tonnerre qui est tombé sur Paris et la petite couronne, le jeudi 17 juin, avec le lancement de l’offre de livraison express – de produits de consommation courante et alimentaires – du groupe américain Amazon.

• L’offensive, baptisée « Prime Now », même si elle reste circonscrite géographiquement, secoue toute la chaîne d’acteurs présents sur le créneau – notamment la distribution de l’alimentaire – et s’attire déjà les foudres de la mairie de Paris qui se souvient, à propos, qu’elle a en charge, également, des magasins de proximité.

• Le service permet aux clients « premium » de la marque (49 euros d’abonnement annuel) de bénéficier d’une livraison (gratuite dans les deux heures ; dans l’heure pour 5,90 euros) parmi une sélection de 18 000 références de produits, pas moins : dont 4 000 à 5 000 alimentaires, y compris frais ou congelés (fruits et légumes venant de Rungis ; viennoiseries venues de Kayser ; yaourts, …). Une offre valable sept jours sur sept, de 8 à 22 heures.

amazon-prime-now-mairie-paris• Le groupe américain a mis en place une organisation millimétrée, à partir d’un entrepôt de 4 000 mètres carrés implanté dans le 18ème arrondissement de Paris. 70 employés sont à pied d’œuvre pour gérer la préparation de commande, raccourcie à six minutes entre l’enregistrement de la demande et le départ. Certains produits susceptibles de partir le plus vite, comme les chips et les bières (très demandées en période d’Euro) ont été, ainsi, placés au plus près de la zone d’attente des livreurs. Livreurs venant de sociétés privées partenaires.

• Aux dires des spécialistes, « Prime Now » s’annonce comme peu rentable, voire à perte (traverser tout Paris pour une commande à 20 euros …). Mais on peut imaginer que le géant américain dispose, là, d’un puissant produit d’appel pour « chouchouter » ses abonnés Premium et puisse, inévitablement, imposer au marché un nouveau standard auquel les consommateurs vont s’habituer.

• Un nouveau standard que les acteurs de l’e-commerce et de la distribution alimentaire traditionnelle ne pourront pas ignorer, même si, pour le moment, la prudence des commentaires est de mise. Si la Fédération nationale de l’Épicerie n’a pas pris position (2 500 commerces dans la capitale), un professionnel du secteur s’inquiète dans Le Parisien : « beaucoup de petits épiciers sont sur le créneau du dépannage. Si Amazon fait la même chose quasi- gratuitement, ça pourrait poser un problème ».

• La Poste se trouve bousculée, elle aussi : Amazon représente de très loin son premier client dans le flux de colis généré par les achats en ligne. Avec « Prime Now », l’entreprise américaine montre qu’elle peut se passer de ses services dans des grands centres urbains. Et livrer elle-même à domicile.

• Le groupe Amazon ne s’est pas fait d’amis à la Mairie de Paris, non plus. Un communiqué de presse de ce dimanche 19 juin lui reproche d’avoir informé tardivement la municipalité de ce lancement et de déstabiliser « les actions volontaristes pour diminuer la place des véhicules polluants … et préserver la diversité commerciale ». La Ville de Paris compte aller plus loin en portant « auprès du législateur la nécessité de définir, par la loi, des garde-fous en mesure d’éviter que de tels services ne viennent pas à constituer une concurrence déloyale à l’égard des commerçants et des artisans. Il faut notamment que les procédures d’autorisation, actuellement en vigueur au bénéfice des maires pour les surfaces commerciales comme les supermarchés, puissent s’appliquer à des surfaces comme celles que vient d’installer Amazon dans le 18ème arrondissement ».

Cela rappelle un peu les réactions de la mairie de Paris lors de l’arrivée d’Airbnb sur la capitale … Et puis, très vite, le temps des négociations est venu.