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3 Oct 2019 | Observatoire
 

À la tête de Monoprix et aussi de Franprix qu’il a redressé, Jean-Paul Mochet (voir Lmdt des 19 septembre 2019 et 6 novembre 2018) rapporte, dans le dernier Paris-Match, ses idées sur le commerce de proximité qu’il développe dans le groupe Casino. 

« La distribution doit sortir de son schéma de fonctionnement de consanguinité où la plupart des acteurs se copient et font tous à peu près la même chose » regrette-t-il.

Lui a sa méthode pour détecter les signaux faibles : circulant à deux roues, il peut s’arrêter jusqu’à quatre fois par trajet pour observer des commerces.

•• Peu d’études clients, mais la prise de risque de tester des innovations.

Ainsi, six Monoprix testeront un service de livraison cinq étoiles en novembre. « Notre idée est de supprimer l’opérateur extérieur qui assure la livraison pour le remplacer par un salarié de Monoprix qui peut rendre d’autres services » explique Jean-Paul Mochet. Chez Franprix, des cuisines où les clients peuvent faire leur repas viennent d’être mises en place.

•• Explication de Frédéric Valette de Kantar Worldpanel : « les enseignes de proximité fonctionnent bien mais elles sont en difficulté sur les produits de grande consommation. Elles s’essaient à d’autres métiers comme la restauration. » Et d’ajouter : « les Français ont tendance à fragmenter leurs courses dans plusieurs magasins, à acheter moins d’articles mais de meilleure qualité. Ce secteur n’est pas en crise, mais en transformation. »

•• Monoprix est déjà l’enseigne qui vend le plus de bio : 9,8 % des achats de grande consommation (en valeur), soit le double de la moyenne du secteur de la distribution, selon Nielsen. « La moitié des textiles vendu est déjà bio et le sera en totalité en 2022 » assure Jean-Paul Mouchet.

•• L’autre volet de cette transformation concerne l’e-commerce.

Monoprix a passé un accord avec Amazon l’an dernier – un partenariat commercial visant à proposer les produits alimentaires de Monoprix aux clients du service Amazon Prime Now – dont le bilan serait positif : « d’ici la fin de l’année, nous passerons de deux à quatre magasins préparateurs en Ile-de-France. Nous apprenons de leur expérience sur la logistique. Surtout, nous donnons de la visibilité à notre marque. »

Jean-Paul Mochet veut « inventer le grand magasin 2.0 du centre-ville en renforçant le lien entre e-commerce et commerce physique, là où la plus grande partie du chiffre d’affaire est réalisé ».

•• Sur l’ouverture du dimanche après-midi sans personnel (voir Lmdt du 3 septembre). « Cela répond à une attente du consommateur. Le commerce physique fait face à une injustice industrielle contre le commerce digital : même si les magasins sont fermés, les clients peuvent faire leurs courses sur Internet. Mais il faut avoir conscience que l’acte de paiement sera un jour complétement dématérialisé » analyse Jean-Paul Mochet.