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12 Juin 2019 | Observatoire
 

Dans le dossier « Le grand entretien » des Échos du week-end de Pentecôte, Régis Schultz (président de Monoprix) tire les leçons de la révolution digitale comme de l’évolution du comportement des consommateurs, lesquels préfèrent des produits plus sains et locaux. Selon lui, une enseigne de centre-ville doit apporter toujours plus de services. Extraits.

•• « (…) La question n’est pas de savoir si le e-commerce va prendre 15 % ou 20 % du marché. La vérité est que le consommateur dans son parcours d’achat passe de plus en plus par le digital. Que ce soit pour acheter ou simplement se renseigner. Et le digital change notre rapport au temps et aux choix.

« Sur Internet, on ne fait jamais la queue et le produit que l’on cherche est presque toujours disponible. Cela pousse le consommateur à ne plus accepter de faire la queue en caisse, de ne pas trouver un produit ou d’avoir du mal à se faire livrer. 

« Le e-commerce ne remplace pas tout le commerce mais il fait évoluer les attentes. Notre attention a aussi évolué. Faire ses courses dans un hypermarché, cela prend désormais trop de temps pour bien des gens qui sont habitués à l’instantanéité. L’hypermarché ne va pas disparaître, mais il n’est plus l’endroit où l’on trouve le plus de choses aux prix les plus bas. Aujourd’hui, on peut trouver plus et moins cher sur Internet (…).

•• « Déjà, nous devons apprendre à être beaucoup plus réactifs. Notre univers était relativement prévisible. Aujourd’hui, les habitudes peuvent changer très rapidement.

« Regardez le phénomène Black Friday. Un concept importé des États-Unis il y a cinq ans. Aujourd’hui, avec la semaine de Black Friday, le mois de novembre a dépassé décembre pour devenir le premier mois de ventes de l’année (voir Lmdt du 20 novembre 2018). 

•• « Quand on ne consomme pas moins mais autrement, tous les modèles économiques s’en trouvent bousculés. En vingt ans, la capitalisation boursière des groupes de distribution n’a guère bougé. Mais Amazon a capté à lui seul 50 % de la valeur de notre industrie. Et nous nous retrouvons avec un concurrent qui ne cherche pas à dégager l’essentiel de ses marges dans le commerce mais dans des services annexes.

« La chance de Monoprix c’est que nous sommes positionnés sur les créneaux porteurs : le commerce de proximité avec les supermarchés Monoprix et nos plus petites boutiques ainsi que le bio avec Naturalia.

•• « Nous sommes le frigo et le placard des urbains. Mais nous devons redéfinir notre valeur ajoutée en devenant les nouveaux concierges de la vie quotidienne. C’est pour ça que nous mettons l’accent sur la livraison et en particulier, à pied.

« L’an dernier, nous avons livré 2 millions de Parisiens sans utiliser de voiture. C’est non seulement moins cher et plus respectueux de l’environnement, mais cela ouvre en plus la porte à de nouveaux services. Quand vous livrez à pied en partant du magasin, vous êtes plus fiable sur les horaires de livraison car vous n’êtes pas dans une tournée.

« Ensuite, vous pouvez livrer la commande du client mais aussi des colis ou comme nous le proposons avec la start-up Epicery des compléments de courses achetés chez les autres commerçants du quartier, artisan boucher ou fromager. Et comme vous retournez au magasin, vous pouvez rapporter des emballages, des bouteilles, des piles ou des ampoules ou imaginer d’autres services. Nous avons de la surface pour faire de nos magasins de véritables hubs urbains (…)