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11 Fév 2020 | Observatoire
 

Les mégots jetés par terre sont source de pollution. On le sait, on nous l’a dit et redit. D’où l’importance du « bon geste » et de la collecte (voir 29 janvier). 

Mais, ce n’est pas tout … Des travaux menés pour le compte la Food and Drug Administration (FDA) américaine (voir 13 novembre 2019) montrent que les mégots (éteints, par définition) continueraient de polluer l’air.

•• Ainsi, dans la journée qui suit l’extinction d’une cigarette, cette dernière continue à émettre des composés nocifs : 14 % de la nicotine qu’une cigarette en combustion active produirait. Une surprise, même pour les auteurs de l’étude. Et les émissions pourraient se poursuivre au-delà de cinq jours pour certaines substances.

Nicotine et triacétine – que l’on trouve dans les filtres – apparaissent alors toujours à la moitié de leur concentration.

•• Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs du National Institute of Standards and Technology (Nist – États-Unis) ont fait fumer des cigarettes (2 000 au total) à une machine, imitant le comportement de véritables fumeurs : tirer six bouffées avant d’écraser les mégots.

Ils ont ensuite enfermé ceux-ci dans une chambre en acier inoxydable. Et ils ont mesuré les émissions de seulement huit produits chimiques en fonction de la température ou de l’humidité de la pièce, par exemple.

Parmi les résultats : il apparait que c’est dans une pièce chaude que les mégots émettent le plus de substances chimiques.

•• Ces résultats devront être confirmés sur différents types de cigarettes. Mais ils suggèrent tout de même que fumer pourrait continuer à porter atteinte à notre santé au-delà du tabagisme, du tabagisme passif et même du tabagisme ultra-passif :  celui qui consiste à inhaler des substances nocives prises au piège de vêtements ou de moquettes, par exemple.

« Vous pensiez qu’en ne fumant jamais dans la voiture lorsque vos enfants sont présents, vous les protégiez. Mais si le cendrier n’est pas vidé, ils sont exposés » conclut Dustin Poppendieck, chercheur et co-auteur de l’étude.