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1 Nov 2012 | Pression normative
 

Un peu de rebonds médiatiques, hier et aujourd’hui, suite à la campagne contre les mégots que vient de lancer la Mairie de Paris (voir Lemondedutabac du 31 octobre) dans le cadre de la « surenchère verte » (Le Figaro) à laquelle se livrent, à 16 mois des municipales, Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo, son adjointe et candidate à la succession.

Concrètement, cette campagne (intitulée « Jette pas ton mégot, deviens un héros ») ne repose que sur deux démarches : l’équipement de 10 000 poubelles de rues par des éteignoirs à cigarettes et la demande, au ministère de l’Intérieur, de faire passer de 35 à 68 euros les amendes pour jet de déchets sur la voie publique.

Mais il y a beaucoup de « communication » derrière. C’est le rôle de Serge Orru (ancien directeur du WWF et créateur du « Festival du vent », notre photo), animateur d’une agence d’éco-événement qui travaille au côté d’Anne Hidalgo. Son discours est précis : après avoir mis en avant que « le bout de filtre de cigarette est un déchet qui n’est pas biodégradable, toxique avec ses centaines de composants chimiques », il en appelle à la « responsabilité des fabricants de cigarettes » en leur demandant d’installer des « cendriers fixes, sans sigle, dans nos villes et aussi de procéder à leurs ramassages ».

On notera que le sujet, lourd en connotations électorales, est traité de façon particulière, en distinguant – de façon spécifique dans les messages – les mégots des autres déchets parsemant nos rues : prospectus, mouchoirs, emballages alimentaires, enveloppes de sucreries, boîtes de soda, etc ; et en faisant plus appel à une répression (amendes), dont l’efficacité prête aux doutes, plutôt qu’à une vraie sensibilisation, à long terme, sur le savoir-vivre des citoyens.

Quoiqu’il en soit, Le Parisien d’hier  a posé, à ses lecteurs, la question « faut il verbaliser ceux qui jettent les mégots ? ». 3 702 internautes ont répondu : avec un avantage aux oui, à 74,3%. Dans la logique de l’air du temps, on aurait pu s’attendre à plus. Ce 1er novembre, c’est Le Figaro.fr qui en fait sa question du jour.