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5 Oct 2018 | Pression normative
 

Cet après-midi, à 14 heures 30, Brune Poirson reçoit au ministère de la Transition écologique et solidaire les représentants des fabricants de tabac dans le cadre du dossier mégots qui défraie à nouveau la chronique (voir Lmdt des 24 avril, 12 mai, 12 juillet et 13 septembre).

Ce qui est regrettable : le sujet apparaissant suffisamment sérieux et technique pour quiconque s’y intéresse sérieusement.

•• D’une part, les fabricants, conscients de leur responsabilité, en liaison avec leurs consommateurs, sur le dossier – mais sachant par habitude que, dans cette histoire, on peut facilement leur faire porter le chapeau du méchant « pollueur-payeur unique » – ont préparé pendant tout l’été leur dossier, tout en entretenant des relations préparatoires (et parfaitement normales) avec le cabinet de la ministre.

Ils ont même fait parvenir, au cabinet, de « toutes premières propositions portant sur la prévention et la sensibilisation des fumeurs pour réduire en amont la pollution liée aux mégots ». Ceci, en vue d’une discussion de fond sur un protocole, prévue pour la réunion programmée ce jour.

•• D’autre part … Patatras, hier matin, la ministre décrète médiatiquement que « le compte n’y est pas », soit 24 heures avant la réunion elle-même et sans connaissance des autres propositions des fabricants (voir Lmdt du 4 octobre).

•• Comment expliquer ce coup de pression de la ministre, si ce n’est par le pressant besoin de se rappeler au souvenir de tous, avant le remaniement ministériel dont on parle tant ces jours-ci ? S’il devait y avoir un « Gouvernement resserré », les places vont être chères.

Et faute de vrai bilan par ailleurs, Brune peut penser que « Poirson contre l’industrie du tabac », cela peut le faire.

•• Nous ne sommes pas au bout de nos surprises sur ce dossier que nous promettons à nos lecteurs d’aborder sans filtres. Notamment sur les responsabilités des uns et des autres dans le long processus conduisant au mégot négligemment abandonné.

Ou pour rapporter un certain nombre de vérités : par exemple, un représentant de JTI expliquait à des journalistes, hier soir, qu’il va être difficile de demander aux fabricants de prendre en charge des initiatives faisant appel à l’éco-responsabilité, alors que la loi actuelle leur interdit toute possibilité de financement : de mécénat ou autres démarches citoyennes.